Le 17 février, la Chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières a relaxé Ibrahima Kourouma, ancien ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, pour délits non constitués. Son co-prévenu, Mohamed 5 Sankhon, ancien responsable de la division administrative et financière, du même ministère, a été aussi relaxé.
La Cour présidée par Francis Kova Zoumanigui a renvoyé les deux cadres à des fins de la poursuite pour des délits non constitués et ordonné la restitution de tous les biens saisis de l’ancien ministre d’Alpha Condé. Ibrahima Kourouma était poursuit pour des faits présumés « d’enrichissement illicite », pour lesquels il avait été condamné en première instance à quatre de prison ferme.
Me Soufiane Kouyaté, l’un des avocats d’Ibrahima Kourouma, a réagi: « Cela a fait plusieurs années que nous sommes en train de clamer son innocence. On s’est battu, on a prouvé et heureusement le juge vient de nous donner raison en renvoyant notre client à la fin de la poursuite. Cela ne m’étonne pas, parce qu’il est l’un des premiers juges, lorsque le mandat de dépôt de mon client était devenu caduque, à ordonner sa remise en liberté. M. Ibrahima Kourouma va sortir de prison aujourd’hui. Selon la loi guinéenne, dès après le jugement, il doit sortir de prison, mais on a instauré une pratique qui est l’ordre de mise en liberté qui n’est nulle part dans notre législation. »
Me Soufiane Kouyaté a déclaré que le collectif des avocats d’Ibrahima Kourouma va entrer en contact avec le parquet spécial de la Crief, pour qu’il délivre un ordre de mise en liberté permettant aux gardes pénitentiaires de sortir l’ancien ministre de la Maison centrale de Coronthie. Me Kouyaté de regretter le fait que son client ait été privé de liberté durant quatre. « Ce n’est pas lui seul qui en a souffert : c’est sa femme, ses enfants, ses parents, ses amis ; et aujourd’hui on vient dire qu’il n’y avait pas eu d’infraction. Dans les conditions normales, Ibrahima Kourouma doit être indemnisé par l’Etat, car il a été écroué à tort », dénonce-t-il. Et d’annoncer qu’il va se concerter avec l’ancien ministre, afin de savoir la suite à donner au dossier.
Pour sa part, Ousmane Sano, le substitut du procureur spécial de la Crief, a indiqué qu’ils vont se concerter également pour la suite à donner au dossier.
Quatre ans de prison en première instance
En première instance, le 24 mai 2025, Ibrahima Kourouma avait été condamné à quatre ans de prison ferme, à une amende de trois milliards de francs guinéens, à la confiscation de ses biens notamment ses deux parcelles à Tombolia, une parcelle à Sonfonia centre 1, une parcelle à Dabompa Sud, deux maisons à Beyla et une villa située à Lambanyi. S’y ajoute la confiscation de ses deux comptes bancaires (Ecobank et Vista Bank). Au titre de dommages et intérêts, l’ancien ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de l’alphabétisation devait s’acquitter de cinq milliards de francs guinéens au profit de la partie civile représentée par l’Agent judiciaire de l’Etat. Par contre, Mohamed 5 Sankhon, son co-prévenu, avait été relaxé pour des délits non constitués. En substance, Ibrahima Kourouma était poursuivi pour des détournements présumés de plus de 612 milliards 520 millions de francs guinéens et de12 millions de dollars américains. Il est en prison depuis le 21 avril 2022.
Yaya Doumbouya



