Le préfet de Coyah, Bernard Kamano, s’est exprimé lundi 16 février sur plusieurs difficultés majeures auxquelles fait face la commune rurale de Kouriah, relevant de Coyah. Les conflits domaniaux, le non-respect des décisions judiciaires et la recrudescence des accidents de la route ont été les principales préoccupations évoquées par l’autorité préfectorale.
Abordant la question foncière devant la communauté, le préfet a dénoncé la multiplication des litiges liés à des domaines déjà vendus ou cédés par les ascendants des actuels contestataires. «La plupart des grands dossiers à Coyah concernent des problèmes domaniaux. Certains revendiquent aujourd’hui des propriétés que leurs parents ou leurs grands-parents ont déjà vendues ou cédées avant de mourir », a-t-il déploré. De poursuivre : « Respectons la mémoire de nos parents. » Arguant que « quand un parent, de son vivant, n’est pas malade ni atteint de troubles mentaux, et qu’il cède consciemment une partie de son domaine ou la vend à une tierce personne, nous devons respecter la volonté qu’il a laissée ».
Justice : appel au respect des décisions rendues
Le préfet Bernard Kamano a également insisté sur la nécessité de se conformer aux décisions judiciaires rendues au nom de l’État. « Quand une décision judiciaire est rendue, je voudrais que chacun la respecte, car elle se prononce au nom de l’État. C’est lorsqu’on cherche à résister que des violences surviennent au moment de l’exécution. Ce n’est pas une personne ordinaire qu’on envoie. L’huissier chargé d’exécuter la décision adresse des courriers aux autorités locales, pour voir si une médiation est possible avant de faire intervenir les forces de l’ordre. » Il rappelle que la loi prévoit des voies de recours. « Lorsque vous perdez un procès, vous avez le droit de faire appel devant les juridictions supérieures. Mais si vous perdez également à ce niveau, n’attendez pas qu’on vienne vous expulser par la force. Chaque fois qu’on résiste à une décision de justice, cela se termine malheureusement par la violence. »

Le préfet encourage le règlement à l’amiable des différends. « Nous devons faire en sorte de ne pas être toujours en justice. La justice est faite pour nous et par nous, même si parfois elle peut aller contre nous. Chaque fois que nous pouvons régler nos problèmes à l’amiable, c’est préférable à un contentieux judiciaire. »
Accidents de la route : une urgence sécuritaire
Bernard Kamano fustige par ailleurs la recrudescence des accidents à Kouriah. « Il ne se passe pas 48 heures sans qu’on nous signale un accident de la circulation. Ce ne sont pas seulement les usagers de passage qui sont concernés, il y a aussi vos propres enfants qui conduisent des motos. » Il exhorte les conducteurs à plus de vigilance, rappelant que l’essentiel n’est pas d’arriver vite, mais d’arriver sain et sauf. « Vous transportez des personnes qui n’ont pas d’autre moyen de se déplacer que de faire appel à vous. » Selon les rapports des services de sécurité, souligne le préfet Bernard Kamano, la plupart des accidents sont liés soit à un excès de vitesse, soit à la consommation de stupéfiants. Rappelant que le 14 février, deux accidents mortels ont été enregistrés et qu’en « moyenne, nous comptons au moins trois accidents par semaine. Donc évitez l’alcool et la drogue au volant », a-t-il conseillé. À savoir si son message tombera dans de bonnes oreilles.
Mariama Dalanda Bah, envoyée spéciale



