Massa Douago Guilavogui, directeur adjoint de campagne du Bloc libéral à la dernière présidentielle, a été retrouvé trois mois après sa disparition. Le 6 mars, le parti a appris que son militant a été placé sous mandat de dépôt à la Maison centrale de Conakry.
Alors que le directeur de campagne adjoint du BL était auditionné par le tribunal de Dixinn, quelqu’un qui l’a reconnu a appelé la direction du parti pour l’en informer. « Avant cela, il ne se trouvait pas à la Maison centrale. Personne ne savait où il était. Ce n’est que le vendredi soir qu’il a été transféré à la Maison centrale », explique à notre rédaction une source proche du BL qui a requis l’anonymat.
Les responsables du parti n’ont pas encore eu accès à Massa Douago Guilavogui. Mais notre source le décrit amaigri, affaibli « comme s’il avait été torturé ». Il aurait été déposé à la Maison centrale avec 14 autres disparus, dont les parents ne savent toujours pas où ils se trouvent. Des personnes qui n’ont pas droit à la visite, pour le moment.
Rappelons que Massa Douago Guilavogui avait été enlevé le 2 décembre 2025 en pleine campagne électorale. Alors qu’il était le directeur adjoint de campagne du candidat Faya Millimouno à la présidentielle du 28 décembre 2025. A l’époque, le parti avait dénoncé un « acte odieux, perpétré par des individus non identifiés qui s’inscrit dans une série d’attaques visant à intimider, à réduire au silence et à déstabiliser » le Bloc libéral, ainsi que « tous ceux qui œuvrent pour la démocratie, la justice et le progrès en Guinée. »
Face aux dénonciations des enlèvements, le procureur général près la Cour d’appel de Conakry avait menacé de poursuite judiciaire contre toute personne qui pointerait la responsabilité du pouvoir. « Des propos sont régulièrement diffusés sur certaines plateformes numériques attribuant, de manière calomnieuse et sans aucune base factuelle, de graves actes d’enlèvement ou de disparition à l’autorité publique. Ces imputations, non prouvées, portent atteinte à la dignité des institutions de la République, troublent l’ordre public et participent à une campagne de désinformation dangereuse », s’était indigné Fallou Doumbouya.
Mamadou Adama Diallo


