Depuis qu’il s’est installé dans le Bureau ovale le 20 janvier 2017, Donald Trump n’a eu de cesse de râler contre l’OTAN, Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, formée, pendant la Guerre froide, par les États capitalistes de l’Europe de l’ouest, les États-Unis et le Canada.
Ce machin dont la vocation est la solidarité entre ses membres en situation de conflit armé, particulièrement face aux velléités belliqueuses de l’Union Soviétique et ses proxys, n’a eu à aucun moment, grâce à ses yeux. Trump a régulièrement blâmé ses États de ne pas faire assez pour leur protection et de ne compter que sur les États-Unis. Il les a menacés de réduire drastiquement la contribution de son pays. Cette posture désobligeante a, bien entendu, heurté l’orgueil des Européens. Mais en même temps, elle a aussi et surtout titillé leur égo. Ils se sont hâtés qui de consolider son budget de défense, qui d’acquitter avec une régularité exemplaire ses obligations communautaires. Tous se sont inscrits dans une perspective d’acquittement régulier et de consolidation de leur contribution au budget de l’organisation nord atlantique. Même les États les plus faibles tels que ceux de la Baltique ont souscrit à ces engagements dont ils ont commencé à respecter leurs obligations contractuelles en augmentant leurs dépenses militaires.
Revenu aux affaires en 2025, Donald Trump devient encore plus cruel, plus intraitable avec ses partenaires de l’OTAN. Non seulement il ne les épargne pas de ses tarifs douaniers arbitraires et prohibitifs, il agite sans cesse comme un épouvantail, la probabilité de l’abandon des membres de l’OTAN, à leur sort par les États-Unis. Il va par monts et par vaux dénoncer l’irresponsabilité et l’insouciance des Européens qui se reposent entièrement sur les États-Unis pour leur défense qu’ils devraient assumer en leur qualité de grandes puissances politiques, économiques et culturelles. Il alterne menaces et propos lénifiants. Il agite carotte et bâton. Condescendant, il infantilise les Européens, les moque et les tourne en bourriques. Les pauvres ! Pendant des décennies, ils ont cru en la générosité de l’Amérique, en sa capacité protectrice, en sa qualité de parapluie infaillible. Après tout, le pays de l’Oncle Sam n’est-il pas l’instigateur de l’OTAN, censée être utile à tous ses membres en période de guerre ?
Il faut noter que la disparition de l’Union Soviétique et du bloc communiste, à la fin des années 80, a éloigné le spectre de la guerre et a entraîné l’étiolement de la solidarité au sein de l’OTAN. Toutefois, les États-Unis n’ont pas cessé de jouer leur rôle de « grand frère protecteur ». Mais avec ce président iconoclaste de Trump, quel dur réveil, quelles pénibles réalités !
Après avoir conjointement, avec Israël, déclaré la guerre à l’Iran, sans en souffler un mot à ses alliés de l’OTAN, Trump leur en veut de vouloir demeurer neutres. Il les avertit de leur en rendre gorge le moment venu. La France, l’Espagne et le Royaume-Uni qui lui ont refusé l’utilisation de leur espace par ses avions de guerre, sont bien avertis. Ils payeront un jour leur ingratitude, maugrée l’homme fort de Mar-a-Lago. Un véritable homme protée, ce Donald Trump.
Abraham Kayoko Doré

