Candidat de la dias-pourrie Europe aux sélections législatives du 24 mai prochain, Daouda Con(.)té a été entendu les 30 et 31 mars par l’Office de répression des délits économiques et financiers. Remis en liberté, il s’est aussitôt envolé pour l’Hexagone où il fait aussi l’objet d’une plainte, pour détournement présumé de sous des Guinéens de France qu’il veut représenter à l’Hémicycle. Le Lynx vous révèle les deux sous de son audition.

Daouda Con(.)té, membre d’associations de la dias-pourrie guinée-haine de France, fait face à un chapelet de plaintes tant à Cona-cris qu’à Paris, pour une histoire de détournements présumés de fonds associatifs. Il est l’un des six prétendants à l’investiture du candidat de la Génération pour la modernité et le développement (GMD) France à la députation en Guinée. Sauf que l’ex-trésorier de la Fédération des associations guinéennes de Hauts-de-France (FAG-HDF) et prési « suspendu de toutes fonctions officielles » de la Confédération des associations guinéennes de France (CAGF) semble traîner des casseroles. On l’accuse d’avoir détourné plus de 51 875 euros de la diaspora guinéenne dans l’Hexagone dont il sollicite les suffrages pour se faire élire dépité à l’Hémicycle. Des accusations qu’il balaie d’un revers de la main.

Arrivé à Cona-cris le 24 mars dans le cadre des démarches de sa candidature, Daouda Conté a été convoqué trois jours après à l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF), suite à une plainte pour « abus de confiance et détournement » portant sur 123 000 euros. La première plainte est d’Aboubacar Sous-mât, dirlo exécutif de FAG-HDF Guinée. Le mis en cause n’a mis pied à l’ORDEF que le 30 mars. Il a été auditionné de 10h à 19h, puis le lendemain.

Des faits partiellement reconnus

Avant, deux plaintes ont été déposées contre lui à Paris. La dernière, pour « escroquerie », remonte au 26 décembre 2025 à l’initiative de la CAGF, auprès du tribunal judiciaire de Paris. « Cette plainte se base sur les travaux d’une enquête interne menée par deux anciens présidents et un ancien secrétaire général de l’association. Ils ont eu accès aux comptes bancaires de la CAGF et ont pu interroger les membres du conseil d’administration, dont Daouda Conté », explique la plainte, signée par Me Pierre Bouget, avocat (sans vinaigrette) de la CAGF. L’enquête interne avait conclu que seul Daouda Conté « avait accès au compte bancaire » de la CAGF entre janvier et septembre 2025. Et qu’en conséquence de quoi, « sa responsabilité directe dans ces transactions est engagée.» La plainte a été enregistrée, les enquêtes sont en cours, mais le mis en cause peut en attendant vaquer à ses affres.

Le séjour dans la capitale guinéenne de Daouda Con(.)té n’a pas été non plus un long fleuve tranquille. À son audition à Cona-cris, le candidat à la députation « a reconnu » les faits. Du moins en partie. Il aurait, selon nos infos, admis n’avoir pas payé tout l’argent dû à un vendeur de bétail, mais également à l’entreprise Guinée-forage.

En revanche, il aurait rejeté les accusations de détournement d’une misère de 123 000 euros. « Il a remis en cause la légitimité du bureau FAG-HDF, au motif qu’il n’y a pas eu d’assemblée générale pour le renouveler. Selon l’article 6 de nos statuts, l’assemblée doit être organisée par le Conseil d’administration. Les bilans financier et moral du bureau sortant doivent être validés par le président sortant. Daouda Conté avait pris des membres d’associations représentées en Guinée pour tenir une assemblée générale. C’est une usurpation d’identité », charge Aboubacar Soum-mât, un des deux plaignants à Cona-cris.

Après sa confrontation avec Sous-mât, le 31 mars à l’ORDEF, Con(.)té a été libéré à la demande de son conseil. Histoire de lui permettre de poursuivre ses démarches de candidature. « Son avocat s’est porté garant, la procédure continue. Il est rentré en France le 1ᵉʳ avril », ajoute Sous-mât.

Contacté pour sa version des faits, Con(.)té s’est contenté de nous renvoyer à un communiqué de sa cellule de com. du 31 mars, laquelle flétrit « de fausses allégations et des propos diffamatoires » contre sa candidature. « Ces manœuvres traduisent un manque évident d’argument, une tentative délibérée de détourner le débat des véritables enjeux en dénigrant une candidature qui gagne chaque jour en crédibilité, en adhésion et en confiance auprès de la diaspora.» Il fustige des « attaques personnelles » en lieu et place de débats d’idées.

Plainte à la Brigade de recherches de Kipé

Outre l’ORDEF, une seconde plainte, en Guinée, pour « abus de confiance, faux et usage de faux et usurpation d’identité » contre Con(.)té a atterri à la Brigade de recherches de Kipé (commune de Ratoma, banlieue de Cona-cris). Elle émane d’Alpha Oumar Ta-Baldé, vendeur de bétail, qui réclame plusieurs millions de francs glissants, sur les 123 000 euros. Lors de la Tabaski de 2025, la FAG-HDF a collecté des fonds auprès de l’ONG Life, pour acheter des vaches et nourrir des démunis. Des bêtes livrées par Alpha Oumar Ta-Baldé. « Mais Daouda Conté a détourné l’argent. Il a envoyé au partenaire une attestation de paiement insinuant avoir payé Alpha Oumar Baldé. Le document comportait la signature de Daouda Conté, la mienne et celle d’Alpha Oumar Baldé. En fait, il a falsifié nos signatures. Quand les partenaires m’ont contacté, je leur ai dit que le fournisseur n’a pas été payé », charge Aboubacar Sous-mât.

À la première convocation, le 31 mars, le mis en cause n’a pas pointé le bout de son nez à la gendarmerie de Kipé. La 2ᵉ convocation, qui devait lui parvenir le 2 avril, trouve qu’il est parti du bled. Enfin, Daouda Conté est soupçonné d’avoir détourné des fonds destinés à l’orphelinat La voix des sans voix, pour la formation de filles et l’achat de machines à coudre. Pas surprenant qu’autant de griefs laissent le futur ex-dépité sans voix.  

Yaya Doumbouya