Les réformes entreprises par la FIFA durant les deux dernières décades ont rendu possible la participation de 10 équipes africains à la 23ème édition de la coupe du monde de football. En effet, quatre États de l’Afrique de l’Ouest, autant pour le Maghreb, un de l’Afrique centrale et enfin un de l’Afrique australe ont envoyé leurs équipes nationales au charbon, toiser d’autres sélections nationales. Le nombre est inédit. Jamais autant d’équipes africaines n’avaient participé à cette compétition sportive depuis sa première édition en 1930 en Uruguay. Colonies européennes jusqu’aux année 50, les États africains sont demeurés longtemps en marge de la coupe du monde. Il aura fallu prendre son mal en patience et attendre 1982 avant que la FIFA daigne permettre à deux représentants africains (Algérie et Cameroun) de compétir.

En 1998, le nombre augmente et atteint cinq. On en subodore les raisons. Le nombre total des États participant à la compétition a augmenté mais aussi et surtout la qualité du jeu en Afrique s’est considérablement améliorée, le nombre de professionnels africains allant crescendo dans les clubs européens. Cette tendance favorable a abouti, cette année, à l’octroi de dix places au continent d’ébène.

Sur ces dix équipes nationales, seule celle de la Tunisie a échoué à atteindre les 16èmes de finale. Les neuf autres ont franchi avec plus ou moins de bonheur ce cap. Une masse critique d’États africains a pris dorénavant conscience de son énorme potentiel technique et de ses capacités à rivaliser avec les meilleurs et, pourquoi pas, les culbuter. Cette performance admirable enjambera-t-elle les 16èmes de finale ? Rien n’est moins sûr. Déjà, l’Afrique du Sud, la Côte d’ivoire, la RDC, le Sénégal, l’Algérie ont trébuché et ont été rétorqués. Le Maroc, le Ghana, l’Égypte, le Cap-Vert feront-ils mieux et sauver la face de l’Afrique ? Attendons de voir. « Rira bien qui rira le dernier ».

D’ores et déjà quels enseignements peut-on inférer de la lourde chute des quatre mastodontes du football africain ? N’est-il pas curieux que toutes ces équipes dont l’espérance ne fait l’ombre d’aucun doute, aient maitrisé le jeu et être battues dans les cinq dernières minutes ? Même Toto aura relevé le contéfli. Comment piger que l’Afrique sud, la Côte d’ivoire et la RDC aient tenu la dragée haute pour s’écrouler dans le temps additionnel ?

Le Sénégal a fait mieux. Il a mené la Belgique deux buts à zéro jusqu’à la 86è minute, avant de se faire battre pendant la prolongation. Par où ces équipes ont-elles péché ? Manque de concentration ou naïveté ou légèreté ou fatigue ? Les entraîneurs et les staffs ont dû pain sur la planche, pour nous édifier pour ces défaites inexplicables qui ne doivent pas cependant annihiler les immenses progrès du football africain.

Abraham Kayoko Doré