Le collectif des enseignants contractuels communaux durcit le ton. Réunis samedi 1er août, à la Bourse du Travail, à Conakry, les représentants des enseignants contractuels non encore intégrés à la Fonction publique ont lancé un avertissement. Ils exigent la signature de leurs arrêtés d’engagement avant la rentrée scolaire et menacent de perturber l’ouverture des classes sur l’ensemble du territoire.
Estimant avoir largement contribué au fonctionnement du système éducatif dans des conditions souvent difficiles, les enseignants contractuels réclament la régularisation définitive de leur situation administrative. Soutenus par l’Intersyndicale de l’éducation, composée de la Fédération syndicale professionnelle de l’éducation (FSPE), du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG) et du Syndicat national de l’éducation (SNE), depuis plusieurs mois, ces quelque 4 500 enseignants attendent la correction des anomalies relevées sur les listes d’intégration à la Fonction publique. Malgré les assurances des syndicats, qui promettent qu’aucun dossier ne sera ménagé, les bénéficiaires s’impatientent et réclament la finalisation du processus «sans exclusion, sans omission, sans substitution et sans retard».
Venus de plusieurs préfectures du pays, ces enseignants ont réaffirmé leurs principales revendications : la correction immédiate des irrégularités constatées et la signature de leurs arrêtés d’engagement. Tout au long de la rencontre, le slogan «Notre arrêté d’engagement maintenant!» a rythmé les interventions.
Au nom du collectif, son coordinateur, Diaka Sow a fixé un délai. Il exhorte à ce que les arrêtés soient signés avant la fin des vacances scolaires, faute de quoi, une nouvelle phase de mobilisation sera enclenchée. «Si notre arrêté d’engagement n’est pas signé pendant ces vacances, nous allons faire recours à l’Intersyndicale de l’éducation». Diaka Sow laisse entendre que des mouvements et protestations pourraient être organisés avant la reprise des cours.
Un manque de moyens
Cette montée de pression intervient alors que les commissions chargées par le gouvernement d’examiner les dossiers depuis avril dernier en collaboration avec l’Intersyndicale de l’éducation n’ont toujours pas achevé leur travail.

Joint par La Lance, Mohamed Bangoura, responsable de communication du SLECG a justifié le retard observé dans le traitement des dossiers par le fait que les commissions auraient opté pour un travail de vérification approfondi, afin d’éviter toute injustice dans le processus d’intégration. Selon lui, les vérifications sont largement avancées, mais que les équipes sont désormais confrontées à un déficit de moyens logistiques et financiers pour achever les dernières missions de contrôle sur le terrain. Il n’a toutefois pas été en mesure de donner une date sur la fin des travaux.
L’Intersyndicale solidaire
Le secrétaire général du SNE, Michel Pépé Balamou, s’est exprimé lors du meeting du 1er aout sur la solidarité des organisations syndicales envers les enseignants contractuels. Il affirme que le dossier constitue une occasion de renforcer la cohésion entre les différentes composantes de l’Intersyndicale. «Si c’est à cause des enseignants contractuels communaux qui ont souffert avec nous, nous allons faire la paix au sein de l’Intersyndicale. Vous voyez que tous les syndicats sont présents. Nous poursuivons le même objectif : votre engagement à la Fonction publique. Pour y parvenir, nous devons parler d’une seule voix. Et croyez-moi, cela sera fait», a-t-il promis.
Fonctionnaires avant la rentrée scolaire ?
Au terme de la rencontre, l’Intersyndicale de l’éducation a salué la forte mobilisation des enseignants, qu’elle considère comme une preuve de responsabilité et de maturité. Elle a réaffirmé sa détermination à poursuivre les discussions avec les autorités, pour que le processus d’intégration soit définitivement bouclé avant l’ouverture de l’année scolaire 2026-2027.

En attendant une décision du gouvernement, les contractuels communautaires maintiennent la pression et préviennent que le retard de la signature des arrêtés de leur engagement avant la rentrée scolaire pourrait compromettre le démarrage effectif des cours à travers le pays.
Abdoulaye Bah

