Au sortir des deux terrifiantes guerres mondiales de la première moitié du 20 siècle, la quête et le maintien de la paix se sont imposés au monde comme un impératif. Les États se sont alors conséquemment organisés à travers la naissance de la Société des Nations, bientôt érigée en Organisation des Nations unies. Malheureusement, la tendance à l’apaisement cède le pas à la résurgence des tensions entre les États. C’est l’époque de la Guerre froide durant laquelle deux supers puissances, les États-Unis d’Amérique et l’Union Soviétique, imposent aux autres États leur loi d’airain. Les pays du bloc de l’Est obéissent à la baguette à Moscou, alors que ceux du bloc de l’Ouest s’alignent généralement sur les positions de Washington.

Le monde devient outrancièrement bipolaire avec une hégémonie totale des deux pôles d’attraction. Cette architecture idéologique, politique et économique disparaît au début de la décennie 90, avec l’effondrement de l’Union Soviétique qui entraîne celui du bloc de l’Est comme un château de cartes, au terme de 70 ans d’existence. On pense alors à l’émergence d’un monde unipolaire. Que nenni ! Plutôt, c’est un monde multipolaire, multilatéral qui éclot.

La Chine, l’Inde et la Russie aussi jouent désormais dans la cour des grands. Les États-Unis qui restent toujours leader du monde occidental et qui désirent dominer le monde, affirment davantage leur impérialisme. Cette posture se heurte aux velléités souverainistes de certaines puissances moyennes. Dans leur guerre au Moyen-Orient contre l’Iran, avec l’appui d’Israël qui combat le Hezbollah, les américains font face à cette défiance.

Les Iraniens viennent de remettre en cause le protocole d’accord qu’ils ont signé avec les États-Uniens dans le cadre du règlement du conflit qui les oppose et exigent désormais l’acceptation de toutes leurs revendications par l’administration Trump qui en a déjà rejeté bon nombre. Ce qui rend aléatoire toute perspective de règlement.

Aussi, aux remontrances et bravades de Donald Trump à propos du Détroit d’Ormuz, les Ayatollahs iraniens et leurs Gardiens de la révolution restent insensibles imperturbables. Pire, Israël, l’éternel protégé et allié, avec condescendance, rejette le plan de règlement du conflit qui l’oppose au Liban et qui a été élaboré et soumis par le Conseil de paix créé par le président américain. Quelle claque pour Trump qui, par ailleurs, se vantait de résoudre le conflit russo-ukrainien en 24h seulement après son arrivée à la Maison Blanche.

La guerre contre l’Iran montre bien les limites de la super puissance américaine, dans le contexte du déroulement de la guerre hybride.

Abraham Kayoko Doré