Je suis auteur de plusieurs articles de presse par lesquels je rappelle et condamne les multiples exactions et crimes perpétrés sous le premier régime, celui de Sékou Touré et de sa révolution socialiste. Quelle n’est ma surprise de voir deux de mes lecteurs, un peu plus âgé que moi, m’interpeller en ces termes : « Dis donc, tu n’arrêtes pas de vitupérer contre le régime de Sékou Touré, on veut savoir si en ce temps-là tu as fait la prison ou si tu as perdu un parent pour des raisons politiques ». Je leur réponds : « Rien de tout cela. »
Pour moi, cette interrogation sous-entend que l’on ne doit pas s’émouvoir des drames qui se déroulent autour de nous tant que cela ne nous touche pas directement. Je ne partage pas ce point de vue, je suis de ceux qui pensent et croient fermement que tous les fils et filles d’un même pays constituent une famille, tout comme les citoyens du monde entier forment un seul peuple, l’humanité. Faire du mal à un seul élément, c’est faire du mal à tous les autres. Sinon, sur quoi reposerait la solidarité humaine ?
En tout cas, contrairement aux deux lecteurs qui m’ont interpellé, je conserve et conserverai toujours la même attitude. Je reste vigilant sur tout ce qui se déroule autour de moi, j’applaudis le bien et je flétris le mal. Je me veux un fidèle adepte du poète romain Térence qui a écrit au IIe siècle av JC : « Je suis homme et rien de tout ce qui touche à l’humanité ne m’est étranger. »
Malheureux sont les hommes qui rient quand les autres pleurent, car l’indifférence est inhumaine.
Walaoulou Bilivogui

