S’appuyant sur une décision du tribunal du travail, le Gouverneur de la Banque centrale, Karamo Kaba, a interdit toute activité syndicale au sein de l’institution. Les avocats (sans vinaigrette) des syndicaleux contestent et annoncent avoir interjeté appel.

Le bras de fer entre la BCRG et son syndicat continue. Le 1er septembre, le tribunal du travail a suspendu provisoirement la Délégation syndicale de la Banque centrale de la République de Guinée. Le même jour, Karamo Kaba a interdit toute activité syndicale au sein de l’institution. « Tout contrevenant à cette disposition sera exposé à la rigueur de la loi », prévient-il.  

Une menace qui n’a pas dissuadé les syndicaleux. Contacté par notre rédaction le 5 septembre, Me Mohamed Damantang Camara, un des leurs avocats (sans vinaigrette) dit avoir déjà fait appel afin d’obtenir l’annulation de l’ordonnance du tribunal. « Nous comptons se battre à la Cour d’appel afin que la décision soit rétractée en toutes ses dispositions ».

La pomme de discorde entre les syndicalistes de la BCRG et le Gouverneur Karamo Kaba est née de leur plateforme revendicative. Le personnel dénonce, entre autres, « la remise en cause des évacuations sanitaires à l’étranger, le non-respect du droit à la formation, le sort des agents détachés, l’arrêt de certaines mesures sociales et l’absence de visites médicales systématiques du personnel. » Autant de griefs qui, faute de dialogue, ont fini par se transformer en une bataille judiciaire.

Le 27 août, trois syndicalistes ont été jugés et relaxés par le tribunal de première instance de Kaloum pour « outrage à agent, violences et voies de fait,» dans l’affaire qui les opposait au garde du corps de Karamo Kaba. Lors des débats, les syndicalistes ont accusé le Gouverneur de ne pas être très ouvert au dialogue. « S’il signe un engagement, il l’exécute difficilement ». Le Gouverneur a introduit une requête auprès du tribunal du travail. Il a sollicité et obtenu la suspension de la Délégation syndicale.

Confraternité syndicale

Lors d’une rencontre le 3 septembre, l’Union syndicale des travailleurs de Guinée et la Fédération syndicale autonome des banques, assurances et microfinances de Guinée ont examiné la situation. Au sortir de la réunion, Aboubacar Soumah, secrétaire général adjoint de l’USTG a fustigé : « Nos camarades ont été sanctionnés sur instruction du Gouverneur. Le tribunal du travail, qui devrait être impartial, a décidé selon l’humeur du Gouverneur. Face à ces violations, nous resterons légalistes et engagerons toutes les démarches nécessaires. »

Les centrales syndicales envisagent d’adresser des correspondances au ministre de l’Emploi, du travail et de la protection sociale et à l’Inspection générale du travail, pour demander le rétablissement de leurs camarades dans leurs droits.

Souleymane Bah