Le lundi 5 octobre, enseignants et enseignés ont repris le chemin de l’école, qui dans l’insouciance et la gaieté, qui dans l’angoisse et la tristesse. Nul besoin d’insister sur l’importance de l’éducation dans le développement socioéconomique et culturel d’un pays. L’observation empirique et l’analyse scientifique l’ont prouvé à suffisance.

L’homme d’État français, sous le troisième empire, Jules Ferry résume tout en la maxime : « Tant vaut l’école, tant vaut la nation ».  En d’autres termes, il existe une forte corrélation entre la qualité du système éducatif et la prospérité d’un pays. Dans les États qui développent un narratif centré sur la qualité du système éducatif, on observe qu’une part conséquente du budget national est consacrée à l’enseignement et à la formation professionnelle et technique.

Les progrès et la prospérité de l’humanité sont en partie liée à la qualité de la formation du capital humain. Le Président Mao Zedong accordait une grande importance à la préservation et à l’entretien du capital humain qu’il le mettait au-dessus des autres moyens de production. Le Premier ministre Singapourien, Lee Kuan Yew, pour sa part, affirmait n’avoir qu’une ressource : le capital humain. Il est le père du Singapour moderne et l’instigateur de son prodigieux développement politique, économique, social et culturel. Le japonais Meji a lui aussi, durant « l’ère Meji », fait de l’enseignement le principal levier du progrès de l’empire du Levant, il a assuré et développé la prospérité de l’île nippone en maintenant la même stratégie.

On ne compte plus aujourd’hui les États qui doivent le progrès et la prospérité à leur système éducatif performant et efficace.

Jusque-là, partout dans le monde, on a réduit la problématique de la pauvreté à la question exclusive du revenu. Le pauvre a été défini comme celui qui est simplement désargenté. On a ainsi omis d’analyser d’autres déterminants de la pauvreté tels l’éducation, la santé, l’environnement, l’assainissement, le cadre de vie. Il a fallu attendre le paradigme de DHD (Développement humain durable) pour les intégrer dans l’analyse et la compréhension du concept de pauvreté. On a donc désormais une compréhension extensible de la notion de pauvreté.

L’observation empirique et l’analyse statistique montrent que plus une population est éduquée et mieux soignée, mieux elle s’assume et maitrise son destin avec de fortes probabilités de succès.

En ce début d’année scolaire, gens-saignants et gens-saignés doivent se souvenir du rôle de l’école dans le progrès de la nation, en particulier les progrès techniques, scientifiques et technologiques dominés aujourd’hui par le numérique et l’IA. Ce qui les enjoint à prendre à bras-le-corps leur taf.

Abraham Kayoko Doré