Alors qu’on tend vers l’engagement à la Ponction publique des 4 500 gens-saignants contractuels communaux non retenus en 2024, leurs con(.)frères de la zone spéciale de Cona-cris, qui souhaitent également l’être, exigent le respect du protocole d’accord tripartite du 3 janvier 2026. Leur collectif regroupe près de 2 000 bouffes-la-craie.

Réunis le 14 octobre à la Bourde du travail à Kaloum, les bouffe-la-craie dénoncent « une trahison » de la part de l’intersyndicale de l’éducation (SLECG, SNE et FSPE) qui n’aurait pas pris à bras-le-corps leurs revendications, notamment leur engagement à la Fonction publique, comme leurs amis de l’intérieur du bled dont le dossier est en phase d’intégration au Fichier unique de gestion administrative et des soldes (FUGAS.)

Les grognards voulaient exprimer leur ras-le-bol via un sit-in devant le ministère de la Ponction publique, mais ils en ont été empêchés par les agents des farces de l’ordre. Ainsi, ils se sont rabattus à la Bourde du travail où ils ont exprimé leur « déception » contre les responsables syndicaleux. Le collectif de ces mécontents est piloté par Mohamed Ibrahim Salim : « C’est avec un cœur rempli de déception que la coordination des enseignants contractuels de la zone spéciale de Conakry s’adresse à l’opinion publique, suite à la trahison de l’intersyndicale de l’éducation et au non-respect du protocole d’accord du 3 janvier 2026. Notre dossier a été purement et simplement abandonné. Notre coordination exige sans délai l’application stricte du protocole d’accord du 3 janvier 2026. »

En fait, celui-ci stipule dans son point 7 que « les contractuels de Conakry doivent se préparer pour les prochains concours/Pratique de classe pour l’enseignement préuniversitaire, ils seront prioritaires dans l’enregistrement ».  Or, le point n’a pas été pris en compte par le ministère de la Fonction publique qui recrute dès le 17 octobre 6000 gens-saignants au compte du préuniversitaire, pour parer au déficit des bouffe-la-craie à travers le bled.

Le collectif regroupant moins de 2000 gens-saignants de Cona-cris, recourt à la pression, pour obtenir gain de cause. « Le point 7 du protocole d’accord prévoit l’engagement des enseignants contractuels à la Fonction publique par la voie de concours en pratique de classe. Nous demandons à tous les contractuels de la zone spéciale de Conakry de déserter les salles de classe jusqu’à la satisfaction intégrale de nos revendications. On ne peut évaluer la valeur d’un enseignant qu’en situation de classe », rappelle le coordinateur.

Les protestataires ont battu le pavé de la Bourse du travail aux abords de la Présidence de la Roue-publique, avec le slogan : « Vive notre engagement à la Fonction publique. » Là, face à face avec le dispositif sécuritaire, ils ont exhorté le Prési Mamadi Doum-bouillant à s’intéresser à leur dossier. « Nous attirons l’attention du Président et du Premier ministre afin qu’ils prennent cette situation en main. C’est une crise qui dure depuis 2018. Si le problème des enseignants contractuels communaux est en voie de résolution, pourquoi pas le nôtre ? Nous exigeons avec la dernière énergie l’application du protocole d’accord de janvier dernier, car l’État s’était engagé à organiser les épreuves pratiques en situation de classe », a conclu leur coordinateur.

Yaya Doumbouya