Les résultats du concours de recrutement de 6 000 enseignants à la Fonction publique au compte du préuniversitaire ont été publiés dans la soirée du 23 octobre. Selon une source, 94,85% des contractuels communaux ont été admis à travers le pays. Toutefois, au moins trois responsables du collectif des enseignants contractuels communaux, comme Diaka Sow, ont échoué.
Comme prévu, le ministère de la Modernisation de l’administration et de la Fonction publique a recruté 6 000 enseignants à l’issue du concours organisé le 17 octobre. Annoncé comme une « formalité » par le département pour les 4 535 enseignants contractuels communaux recalés en 2024, le concours a permis le recrutement de 4 304 des 4 535 enseignants contractuels communaux recalés, soit 71,73% des 6 000 recrues. Au total, 1 696 enseignants non contractuels ont été déclarés admis au concours, soit 28,27% des 6 000 admis.
Diaka Sow, le porte-parole du collectif des enseignants contractuels communaux non retenus de Guinée (CECCNRG) a échoué au concours. Bien que non admis au concours, il s’est réjoui de l’admission de ses confrères et consœurs à la Fonction publique: « Nous sommes satisfaits et joyeux, parce que le combat que nous avons mené a porté ses fruits. Nous avions conduit les enseignants au concours et les résultats sont satisfaisants : sur 4 535 enseignants ayant concouru, 4 304 ont été d’office déclarés admis. Ils ont prouvé leur existence, mais aussi leur niveau, car les notes en font foi. Nous nous en réjouissons. C’est une victoire, la réussite est de 94,85% », nous a-t-il dit au téléphone le 26 octobre.
Ironie du sort, après deux ans de lutte ayant abouti au recrutement des enseignants contractuels communaux, leur meneur, Diaka Sow, ne figure pas sur la liste des admis. Toutefois, il se félicite de la réussite de ses amis, car « ce qui est arrivé est la volonté de Dieu », est-il convaincu. Il n’est pas le seul recalé, il se retrouve dans le même sac que trois autres représentants sous-préfectoraux du CECCNRG. Dans la région de Boké, sept enseignants contractuels communaux ont échoué, dans la région de Kankan, une vingtaine. Au total, près de 200 enseignants contractuels communaux ont été recalés du lot de 4 535 enseignants contractuels communaux ayant concouru le 17 octobre à travers la Guinée. « Beaucoup de gens me préconisent de plaider, afin que je sois intégré dans la fonction publique, mais je ne veux pas me lancer dans cela. Ce qui est arrivé, c’est Dieu qui l’a voulu. Si les autorités estiment qu’elles peuvent m’intégrer, avec tous les honneurs requis, je suis ouvert. À défaut de cela, non. On a fait le concours pour entrer dans la fonction publique par la grande porte, pas pour être humilié. Je reste fidèle à mes principes, je reste digne, parce que les enseignants ont confiance en moi. C’est le plus important. Nous demandons à tout le monde d’apaiser les tensions », invite Diaka Sow.
Les diplômes des 6 000 admis seront authentifiés, ils seront biometrisés avant de rendre effective leur intégration à la fonction publique. Pour l’heure, la tension semble estompée entre le gouvernement et l’intersyndicale de l’éducation. Celle-ci, au lendemain de la publication des résultats du concours, a réitéré ses revendications (signature du Statut particulier, revalorisation des rémunérations, respect du protocole d’accord du 3 janvier 2026) lors de la Journée mondiale des enseignants, célébrée en différée le 24 octobre au siège du SLECG, à Dixinn.
Yaya Doumbouya

