Depuis plusieurs jours, le populo de Coyah, à l’est de Cona-cris, est confrontée à des coupures intempestives d’électricité, accompagnées de variations répétées du courant, suscitant des inquiétudes quant aux éventuels problèmes électriques. À ces hics, s’ajoutent les perturbations du réseau mobile et d’inter-niet, qui compliquent davantage le quotidien des habitants. Des manifs ont éclaté le 27 et le 28 octobre. Face à la situation, nous avons causé, jeudi 29 octobre, avec Alsény Bangoura, acteur de la société civile, ainsi que le maire de la commune urbaine de Coyah, El Hadj Momo Bangoura. Si le premier dénonce les conséquences des coupures sur les conditions de vie des citoyens et le manque d’écoute de l’Électricité de Guinée (EDG), le second appelle à la retenue, à la suite des manifs enregistrées.

Alsény Bangoura est le présides organisations de la société civile à Coyah. Pour lui, les interruptions répétées dans la fourniture d’électricité constituent une préoccupation majeure pour les habitants, notamment les commerçants et les ménages dont les activités dépendent du courant. « La desserte en électricité à Coyah est un problème préoccupant, non seulement pour les commerçants, mais aussi pour la population en général. Comme vous le savez, à Coyah comme ailleurs, l’électricité est aujourd’hui une denrée nécessaire pour chacun, afin de vivre, de faire fonctionner ses activités, de réaliser des économies et de préserver sa qualité de vie. Si l’eau, c’est la vie, le courant est également une nécessité pour l’être humain. » L’acteur de la société civile évoque également les difficultés auxquelles sont confrontés les habitants, particulièrement durant la nuit, en raison de la chaleur et de l’impossibilité de conserver certains produits alimentaires. « J’ai vu des citoyennes préférer dormir dehors parce qu’il n’y a pas de courant : la climatisation et les ventilateurs ne fonctionnent pas. J’ai vu des enfants pleurer en pleine nuit à cause des coupures. J’ai également vu des femmes qui achètent des condiments pour les conserver dans leurs réfrigérateurs, mais qui finissent par les jeter à la poubelle faute d’électricité. » Face à ces difficultés, Alsény Bangoura estime que les autorités et EDG doivent revoir la situation, en vue d’apporter une réponse aux angoisses des citoyens.

Appel au calme

Le maire de la commune urbaine de Coyah, El Hadj Momo Bangoura, s’est prononcé sur les manifs de rue survenues mardi 27 et mercredi 28 octobre, notamment dans les quartiers Nord et Doumbouya, où lui-même il réside. Tout en reconnaissant les difficultés liées à la desserte en électricité, le maire désapprouve les barricades et les manifs spontanées sur les routes. « Ceux qui ont manifesté, surtout dans la nuit d’hier, ils n’auraient pas dû le faire, car nous savons que le courant est destiné à toute la population de Coyah. Il arrive que nous ayons de l’électricité 24h/24, mais ces derniers temps, l’EDG rencontre des difficultés dont la cause n’a pas encore été clairement identifiée », a-t-il tenté de convaincre.

El Hadj Momo Bangoura, maire de Coyah

Il argue par ailleurs que des séances de sensibilisation sont en cours auprès des habitants, notamment à travers les mosquées et les chefs de quartier, afin d’éviter la répétition de tels événements.

La sourde oreille d’EDG

Au-delà des désagréments causés par les coupures, Alsény Bangoura déplore le manque de prise en compte des préoccupations remontées par les acteurs de la société civile auprès d’Electricité de Guinée, chargée de la distribution du courant. Selon lui, les alertes transmises par les représentants de la population ne recevraient toujours pas les réponses attendues.

Alsény Bangoura

Il estime que cela contribue à accentuer le mécontentement du populo de Coyah. «Il se passe quelque chose chez nous. Nous faisons remonter les informations à la société EDG et à ses travailleurs pour leur signaler les problèmes rencontrés par la population. Mais, nous ne sommes ni écoutés ni entendus. C’est quand les gens manifestent et barricadent les routes qu’une solution est trouvée», a-t-il déploré. Il dit privilégier les solutions pacifiques. D’où son appel à EDG à dialoguer davantage avec les citoyens, pour prévenir les tensions.

C’est Inter-niet

Mais les hics ne sont pas qu’à EDG. Alsény Bangoura a aussi réagi à l’interruption d’Internet enregistrée du dimanche 25 soir au lundi 26 octobre. La perturbation qui, selon lui, a duré plus de 24h, a affecté aussi les communications téléphoniques. Une situation qu’il juge comme une restriction de l’accès des citoyens aux moyens de communication et appelle les autorités à prendre des mesures pour soulager les consommateurs. « Nous nous posons véritablement la question de savoir si la population n’a pas droit à la communication. Pourquoi nous priver de ce droit ? », s’est-il interrogé. En Guinée, dénonce-t- il, « nous avons laissé une seule société faire ce qu’elle veut de notre population. Ce n’est pas normal. Elle coupe la connexion et la rétablit quand elle le souhaite. Si elle veut soutirer de l’argent des téléphones, elle le fait. Les gens se font arnaquer en permanence. » L’acteur de la société civile interpelle ainsi le gouvernement sur la nécessité de mieux encadrer les services de télécommunications et de garantir aux citoyens un accès régulier et fiable à Inter-niet. Il cite la Côte d’Ivoire et le Sénégal comme exemples de pays voisins ayant développé la fibre optique depuis plusieurs années, estimant que des efforts sont nécessaires en Guinée, pour améliorer les infrastructures de Com.

Joint au téléphone, un agent de la société Orange Guinée nous a confié que les coupures d’Internet dans la zone de Coyah seraient dues à des ruptures de fibres optiques, provoquées par des travaux de construction de routes.

Entre coupures répétées d’électricité, inquiétudes liées aux variations du courant et perturbations des Com, les habitants de Coyah font face à des hics qui touchent aussi bien leur vie quotidienne que leurs activités économiques.

Mariama Dalanda Bah