Le 27 octobre, la Confédération africaine de football (CAF) a actualisé sa liste des stades homologués sur le continent. Le Stade du 28-Septembre, jusque-là autorisé à titre provisoire à accueillir des rencontres internationales, figure toujours parmi les enceintes retenues. Le Syli national pourra donc continuer à recevoir ses adversaires à Cona-cris. Mais une question demeure : cette homologation est-elle toujours provisoire ou désormais définitive ?

Quatre années à jouer hors du bled, entre le Maroc et la Côte d’Ivoire, faute de disposer d’un stade répondant aux normes internationales. Mais, le 1er octobre dernier, la Guinée a renoué avec son public. Le Fini national a affronté et battu le Kenya au 28-Stade critique, à Dixinn. L’enceinte, qui était encore en rénovation il y a peu, avait obtenu quelques semaines auparavant une homologation provisoire de la CAF.

La bouffée d’oxygène pour les supporters guinéens devrait se prolonger, du moins jusqu’à une éventuelle décision contraire de l’instance dirigeante du football africain. La mythique antre de Cona-cris figure parmi les 120 stades autorisés à accueillir des rencontres internationales, notamment les prochains matchs de qualification du Syli, prévus en ce début novembre. Toutefois, la CAF ne précise pas si cette autorisation est désormais définitive.

Une source proche de la Fédération guinéenne de football (FGF) laisse néanmoins entendre que le 28-Stade critique pourrait avoir franchi un cap. Selon elle, sauf cas de force majeure, l’enceinte devrait pouvoir accueillir durablement des rencontres internationales : « La CAF surveille et inspecte les stades censés accueillir les matchs internationaux et se prononce en fonction de ses constats. Notre stade avait bénéficié d’une homologation temporaire, parce qu’il restait quelques petits détails à terminer. Cela est en cours de finalisation, raison pour laquelle il figure encore sur la liste de la CAF. Si les installations ne se dégradent pas et que les conditions sécuritaires restent bonnes, le stade ne devrait plus être fermé aux matchs internationaux », explique-t-elle.

À la Guinée de maintenir le cap

Le Stade du 28-Septembre de Cona-cris est classé dans la catégorie 3 de la CAF. Cette classification permet à une enceinte sportive d’accueillir plusieurs grandes compétitions internationales. Avec une capacité avoisinant les 18 000 places, il entre dans les critères de cette catégorie, dont les enceintes ne peuvent excéder 30 000 places.

Il peut ainsi accueillir les matchs des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) et de la Coupe du monde, les rencontres de groupes de la CAN, ainsi que celles de la Ligue des champions et de la Coupe de la Confédération de la CAF, jusqu’aux quarts de finale. Il est également habilité à recevoir le tournoi final de la CAN féminine et la phase finale de la Ligue des champions féminine.

Pour décrocher cette homologation, il aura fallu passer par une reconstruction de l’enceinte. Même si le coût de la rénovation, estimé à plus de 100 millions de dollars ricains, continue de faire jaser. La remise aux normes a notamment concerné l’installation de sièges individuels dans les tribunes, la mise en place d’une pelouse aux dimensions réglementaires et en bon état, ainsi qu’un système d’éclairage suffisamment puissant pour permettre les retransmissions télé-viciées en haute définition, y compris en soirée.

À cela s’ajoutent des vestiaires répondant aux normes pour les équipes et les arbitres, une salle de contrôle antidopage, un espace médical équipé, une salle de conférence de presse, une tribune réservée aux journaleux et des dispositifs de sécurité adaptés. Mais obtenir le précieux sésame ne suffit pas. Encore faut-il le conserver. Selon la même source, la Guinée devra veiller scrupuleusement à l’entretien des installations, si elle ne veut pas retourner à la case départ : « Pour ne prendre aucun risque, nous devons veiller sur ces acquis. Ainsi, nous n’aurons plus à nous demander si la CAF va nous laisser jouer chez nous ou non. Nous devons faire preuve de rigueur, faute de quoi, le stade risque d’être de nouveau suspendu », prévient notre source.

Pour le moment, ce scénario semble encore lointain. Mais le match Guinée-Kenya a tout de même révélé quelques couacs susceptibles de ternir l’image du Stade du 28-Septembre. Des supporters, pour la plupart dépourvus de tickets d’entrée, ont forcé les barrières et contraint les services de sécurité à les laisser accéder à l’enceinte, quasiment sans contrôle.

Des comportements qui n’ont pas manqué de faire réagir dans le milieu du football guinéen. « Ces choses doivent cesser. On ne peut pas attendre la dernière minute pour exercer une pression dans l’espoir d’accéder gratuitement et sans contrôle à l’intérieur du stade », déplore un autre acteur du football guinéen.

Après quatre ans d’exil footballistique, le Fini national a retrouvé sa tanière. À quel prix ! Reste à la sauvegarder.

Yacine Diallo