Vendredi 6 novembre, devant l’usine Topaz à Manéah (préfecture de Coyah), des travailleurs de l’entreprise, munis de pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Libérez Topaz », ont interpellé les autorités : ils réclament la reprise des activités de production suspendues depuis près de trois mois, à la suite du décret interdisant la fabrication des plastiques à usage unique.
Cette mobilisation intervient après la publication d’un autre communiqué accordant aux unités industrielles un moratoire de six mois. Cet allègement autorise la fabrication de certains articles, notamment les sachets d’eau.

Au nom des travailleurs, Kabiné Kouyaté, secrétaire général adjoint du bureau syndical de Topaz, Manéah et Gomboya, a précisé la nature de leur démarche : « Ce n’est pas une manifestation ni une revendication, mais une doléance adressée aux autorités compétentes. Depuis près de trois mois, les activités de production de Topaz sont à l’arrêt. L’entreprise compte environ 3 000 emplois directs et indirects. Malheureusement, le dernier communiqué autorisant la fabrication de certains articles ne permettrait qu’à une centaine de travailleurs de reprendre leurs activités, laissant les autres exposés au chômage. »
Appel à Doumbouya
Le représentant syndical estime que Topaz dispose déjà de mesures d’accompagnement pour assurer une meilleure gestion des déchets plastiques. Il évoque notamment les dispositifs de collecte et de recyclage. Même que les produits utilisés depuis 2015 par l’entreprise sont biodégradables.

Par ailleurs le syndicaliste dénonce la présence de plastiques importés, notamment de la Sierra Leone, sur le marché guinéen, alors que la production locale reste paralysée. Et de s’interroger : « Est-ce ainsi que l’on entend protéger la production nationale ? Topaz existe depuis plus de 20 ans et contribue à l’économie du pays à travers les nombreux emplois créés et la distribution de ses produits sur l’ensemble du territoire. »
Face à cette situation, le responsable syndical a lancé un appel au président de la République, pour faciliter la reprise des activités de l’entreprise. Il a également insisté sur le caractère pacifique de leur démarche, assurant que les travailleurs n’ont ni perturbé la circulation ni commis de dégradations. « Notre seul slogan est : “Libérez Topaz !” Nous voulons simplement être entendus, sans désordre, sans casse et sans paralysie de la circulation. »
Mariama Dalanda Bah

