L’interdiction de l’orpaillage clandestin dans le buisson de Siguiri par le goubernement défraie la chronique depuis l’annonce et le déploiement de l’armée pour faire respecter la morsure. Le départ massif d’étrangers du sol guinéen a suscité moult réactions en Afrique de l’Ouest, notamment chez les burkinabés qui disent être « expulsés » de la Guinée. Le 5 novembre, le ministre des affres étranges Mori-Sans-dents Kouyaté a bavardé devant les ambassadeurs pleins de poussière accrédités en Guinée à son département, au quartier Koloma, commune de Ratoma. Il avait à ses côtés, le ministre des Droits de l’Homme, de la Justice et Garde des Sceaux, Ibrahima Sory II Tounkara.

Dans un ton sérieux avec la volonté de convaincre, le ministre des affres étranges a demandé à ses hôtes de marque déposée de n’écouter que sa version, non celle des réseaux sociaux. Le chef de la diplomatie guinée-haine a clamé que l’interdiction s’applique à l’ensemble des orpailleurs, quelle que soit leur nationalité. Un poing, c’est doux.

Les ministres de la Justice Ibrahima Sory II Tounkara et des Affaires étrangères Morissanda Kouyaté (capture d’écran)

Mori-Sans-dents Kouyaté a expliqué que la mesure du gouvernement guinéen est fondée par le souci de préserver l’environnement. Il a affirmé que l’orpaillage clandestin et illégal détruit l’environnement et l’écosystème de la Haute-Guinée. «Nous avons constaté que du cyanure est déversé pour chercher de l’or. Des machines pour la déforestation, tout enlever, jusque même dans les villes. Les animaux, vous les avez vus morts. Combien de personnes sont hospitalisées à cause du cyanure ? Nous allons nous battre pour respecter les normes environnementales avec le mégaprojet minier Simandou ; et des exploitants de l’orpaillage sauvage, que j’appelle sauvages, vont venir déséquilibrer cet effort du gouvernement, du peuple de Guinée et du Président en allant détruire la forêt, nos eaux et obstruer nos rivières ?»

Le ministre n’a pas manqué de fustiger le comportement des certains orpailleurs étrangers qui disaient dans une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux qu’ils sont venus détruire la Guinée. «Nous n’accepterons jamais que la Guinée soit détruite», prévient le ministre.

Toutes les nationalités sont concernées

Devant les diplomates, Mori-Sans-dents Kouyaté a révélé qu’en juin dernier, une première vague y compris des Guinéens, des Chinois, au nombre 249 avaient été arrêtés pour cette « exploitation sauvage ». Autre arrestation, 409 Burkinabé, 66 Maliens, Ivoiriens, Togolais, Nigérians, Béninois, Vietnamiens, Indiens, Sierra léonais, Camerounais, qui participaient « à la destruction de la nature de façon incontrôlée ». Mais, dit-il, ces personnes interpellées avaient été poursuivies devant la justice avant d’être finalement libérées. Même qu’elles avaient été remises à leurs représentants diplomatiques, sur instruction du chef de l’État, Mamadi Doum-bouillant.

Diplomates invités (capture d’écran)

Pour le ministre, la décision est une manifestation de la solidarité africaine, défendue par les autorités guinée-haines. « Nous leur avons dit : nous sommes des frères ; ils sont sous le coup des infractions, mais la fraternité, l’africanité de la Guinée est au-dessus de toutes les lois. Prenez-les, ce sont nos frères, nos sœurs, ils sont partis.» Malheureusement, selon le chef de la diplomatie guinée-haine, ces orpailleurs sont revenus par centaines et par milliers, quelques mois après. « Ils ont recommencé, parce qu’ils ont confondu le panafricanisme du Président et de la Guinée à la faiblesse. Ils ont cru que nous étions un pays faible ».

Les autorités guinéennes affichent ainsi leur fermeté contre l’orpaillage clandestin. Notons que la Guinée a inauguré sa première raffinerie d’or le 1er novembre. Faudrait qu’elle soit alimentée, non ?

Ibn Adama