Société

Quelle Banque Centrale pour la Guinée et quelle indépendance pour ses dirigeants ? (Safayiou Diallo, économiste-chercheur [2/3])

 

Par rapport aux critères d'indépendance légale (GMT et CWN), les statuts de 1994 et 2009 donnent des qualifications différentes à l'indépendance des dirigeants. La différence fondamentale réside dans le nombre de membres du Conseil d'Administration (CA) et leur mode de désignation.

 

Les statuts de 1994 portent à dix-huit (18) ces membres, dont le Gouverneur (Président du CA) et le Vice-gouverneur. Avant d'être nommés par décret du Président de la République, les autres membres sont désignés de la manière suivante :

 

·      2 par le Président de la République ;

 

·      2 par le Président de l'Assemblée ;

 

·      2 par le Président du Conseil Economique et Social ;

 

·      2 par le Ministre Chargé de l'Economie et des Finances

 

·      8 sont choisis selon leurs qualifications dans les domaines économique, financier, monétaire et bancaire.

 

Ce mode de désignation du conseil d'administration viole le principe d'indépendance des dirigeants. En effet, lors des réunions du conseil, les positions exprimées par ces huit membres désignés par de hauts responsables de l'administration pourraient, avec une forte probabilité, refléter celles de leurs départements respectifs, même si ces positions ne sont pas conformes aux textes des statuts.

 

Dans les statuts de 2009, le nombre de membres du conseil est ramené à sept (7), dont le Gouverneur (Président du CA) et les deux Vice-gouverneurs. Les quatre (4) autres membres sont nommés par décret du Président de la République sur proposition conjointe du Ministre en chargé de l'Economie et des Finances et du Gouverneur de la BCRG à raison de deux par institution. Cette restructuration a l'avantage de réduire les interférences éventuelles des autres structures de l'administration publique, tout en contribuant au renforcement de la coordination des politiques budgétaire et monétaire.

S’agissant de la question concernant l’objectif de la Banque Centrale, nous pouvons dire que la Guinée à l’image de la Banque Centrale Européenne, la Banque Centrale de la République de Guinée(BCRG) a pour mission de mettre l'accent sur la lutte contre l'inflation. Nonobstant, la lutte contre l'inflation ne constitue pas une fin en soi, elle n'est qu'un moyen permettant d’aller vers une croissance économique plus stable mais, en tant que telle, l'inflation ne doit pas constituer un objectif à part entière.

Aux Etats-Unis, la Fed, a pour mission de s'intéresser à l'inflation, mais aussi au chômage et à la croissance[1]. Lorsque Stiglitz présidait le conseil économique du président Clinton, le sénateur de Floride, a proposé que l'on change la charte de la Fed. Il voulait que cette dernière ne s’intéresse uniquement qu'à l'inflation comme les Européens. Stiglitz a dit au président qu’ils allaient mettre ce projet dans la campagne, en demandant aux électeurs si le chômage est ou non intéressant ? Le peuple américain pense-t-il que la Fed ne doit s'intéresser qu'à l'inflation ou pense-t-il que l'emploi, le chômage sont importants aussi ?

Au finish le président s'est exprimé, et le sénateur de Floride a répliqué qu'il disait ça pour plaisanter. Evidemment, cette idée est tombée à l'eau très rapidement. Il n'y a pas eu de débat sérieux au Sénat quant à un amendement de la charte de la Fed.

En plus de l’objectif de stabilité[2] la Banque Centrale de la République de Guinée doit combattre véritablement le chômage, parce que si une personne perd son emploi, ça aura de conséquences néfastes pour elle, et sa famille toute entière.

Certes il faut mentionner que les économistes ont des points de vue différents sur cette question. Ceci est dû au fait que les responsabilités définissent dans une large mesure les points de vue des uns et des autres. Dans la plupart des cas, les travailleurs n'ont pas leur mot à dire sur la politique monétaire.

Pourtant un certain nombre de pays a tenu compte de cette limite. En Suède par exemple, un représentant des travailleurs fait partie du conseil de la Banque Centrale. On y entend ainsi une voix qui s'exprime en faveur de la lutte contre le chômage.

Aux Etats-Unis la Banque Centrale est plus indépendante et plus démocratique qu'en Europe et que dans un certain nombre de pays. Deux fois par an, le responsable de la banque centrale doit faire un rapport d'activité devant le Congrès.

En dépit de tout cela, un ancien responsable de la Fed, dans un discours célèbre, dit à peu près : «le Congrès nous a créés, le Congrès peut nous détruire». Autrement dit, bien qu'indépendante, la Fed a une certaine sensibilité politique beaucoup plus qu'un grand nombre de banques centrales, notamment la Banque Centrale Européenne (Joseph Stiglitz, 2004).

De plus, il faut bien voir une chose assez malheureuse, les banquiers centraux se sont drapés de compétences qui, en réalité, n'existent pas. Dans la plupart des pays, ce ne sont pas forcément les meilleurs économistes qui sont les mieux placés pour formuler des jugements en matière de macroéconomie (Joseph Stiglitz, 2004).

Le résultat de tout ça, c'est qu'un grand nombre de banques centrales ne produisent ni la stabilité ni la croissance. Si l'on regarde différents pays, on s'aperçoit que, pour la plupart, les banques centrales indépendantes qui mettent l'accent sur l'inflation ont réussi à réduire cette dernière. Mais la question est de savoir si la croissance s'est accélérée. Est-ce que les salaires ont augmenté ? Est-ce que le chômage a baissé ? Est-ce que la performance réelle est meilleure ?

 


[1]D’autant que beaucoup d’économistes ont tendance à croire que la Fed poursuit un double objectif (inflation et croissance).

[2]Les statuts de 1994 différent en un point essentiel des statuts de 2009Concernant l'indépendance des objectifs, car, les premiers sont muets sur l'objectif de stabilité, tandis que les seconds stipulent clairement à l'article 9, que « l'objectif principal de la Banque Centrale est d'atteindre et de maintenir la stabilité des prix»

 

 

Affaire 19 juillet/ AOB au juge : « On m’a demandé de citer Tibou, Kassory, Sidya… »

Le procès du commandant Alpha Oumar Boffa Diallo ‘’AOB’’, Dame Fatou Badiar Diallo et Jean Guilavogui s’est poursuivi ce 14 mai au TPI de Dixinn. Ces trois personnes sont accusées d’association de malfaiteurs, de destruction de biens privées, d’atteinte à la sureté de l’Etat, de détention illégale d’armes de guerre, entre autres, dans l’affaire de l’attaque du domicile du chef de l’Etat, Alpha Grimpeur, le 19 juillet 2011. L’audience a eu du mal à démarrer. Ni les avocats de la défense ni ceux de la partie civile nétaient présents à l’ouverture de laudience. Mangadouba Sow a été obligé de la suspendre, le temps que ces derniers ne se pointent au tribunal. Les débats ont finalement commencé à midi. A la barre, le commandant ‘’AOB’’ a fait de nouvelles révélations : « Avant même le 19 juillet, plusieurs personnes étaient arrêtées et torturées pour qu’elles accusent AOB. Quand le commandant Koulibaly s’est jeté par la fenêtre, le chef d’état major des armées a ordonné à ce qu’on transfère le dossier à la gendarmerie, mais elle ne voulait pas s’en mêler. Dans cette affaire je devais être un témoin et non un accusé parce que j’ai alerté la garde présidentielle ce jour. Quelqu’un qui est venu attaquer n’alerte pas. Si je savais qu’on m’appelait pour cette histoire de tentative de coup d’Etat, ce jour-là, c’est une autre chose qui allait se passer ».

AOB a également accusé l’ex procureur, Willy Fernandez d’avoir tenté de le corrompre : « Quand j’étais dans mon lit de malade, plusieurs propositions m’ont été faites. On m’a demandé de citer plusieurs noms : Tibou Camara, Diallo Sadakadji, Kassory, Sidya…et dautres qui étaient sur une liste. En contrepartie on m’a proposé 2 millions de dollars et une évacuation au Maroc pour continuer mes soins. J’ai refusé, l’ancien procureur a dit que tant que je ne coopère pas, je ne sortirai pas de cette affaire ».

Fatou Badiar et Cie retournent en prison 

A l’issue des débats, les avocats de la défense ont formulé une nouvelle demande de liberté provisoire pour leurs clients. Demande rejetée par le juge Mangadouba Sow. Purement et simplement, malgré la maladie de Dame Fatou Badiar. Joachin Bilimou, avocat de la partie civile estime d’ailleurs que cet argument ne tient pas : « Nous n’avons vu aucun rapport qui met en évidence que madame Fatou Badiar est malade. Si les faits dépassent les compétences de l‘infirmerie de la maison centrale, on doit en référé aux CHU. Quand un détenu est malade ce n’est pas la mise en liberté qu’on demande, mais un placement hospitalier ». Salif Béavogui, un des avocats de la défense, regrette la décision du juge malgré toutes les garanties que « nos clients n’iront nulle part, mais nous sommes confiants ».

Commandant AOB et compagnie continueront leur séjour au luxueux hôtel 5 étoiles de Coronthie, du moins jusqu’au 25 juin prochain, date de la prochaine audience.

Yacine Diallo

Humanitaire : Un téléthon pour sauver des vies en Guinée !

La Fondation pour la Santé en Guinée organise la première édition d’un téléthon du 3 au 9 décembre prochain dans le but de récolter des fonds pour aider des malades de drépanocytose, d’insuffisance rénale et des malades mentaux. Après une expérience en France, Indira Barry, prési de l’Ong, miss Guinée France 2013, a voulu rééditer la même chose dans son pays d’origine.

D’après une enquête menée par son organisation, plus de 50% de médecins guinéens exercent à Conakry. Encore qu’il y a plus de médecins que de chirurgiens-dentistes, ou autres. Encore plus de médecins généralistes que de spécialistes, et il y a même des maladies dont il n’y a pas de spécialistes du tout en Guinée.

L’autre hic en Guinée, est que le plus grand financement du système de santé en Guinée vient des ménages, 62% au total. Les ménages financement le système en payant ses soins. Et 26% de financement extérieur (PNUD, OMS, etc), 19% par la coopération bilatérale (BM, BAD etc), et enfin l’Etat 14% seulement. « C’est une avancée, il y a 5 ans, l’Etat finançait que 8% ». Iskine ! Enfin les Ong.

La fondation a identifié quelques défis dont une meilleure gouvernance du secteur, une meilleure répartition des ressources humaines, un allégement des dépenses en matière de santé dans les ménages, plus d’efficacité dans la formation, et la disponibilité de produits de santé.

Entag : Un accident de la circulation fait 4 morts dont un footballeur !

Un accident en deux temps. Un camion benne transportant du granite venait de Matoto, arrivé à la forêt de Entag, le camion croise le chemin d’une Mercedes qui vient en sens interdit. Il était 4h ce lundi. Le camionneur parvient à éviter son vis-à-vis qui s’en sort avec quelques dégâts tout de même. Là, i n’y a pas eu de mort d’homme. Dans ces manœuvres, le camion réussit à franchir le terre-plein sans intention, et se renverse sur un véhicule en passage, de l’autre côté de la chaussée.

Un camion de près de 30 tonnes qui s’écrase sur un taxi qui pèse 3 fois moins, il l’écrase tout simplement. Sur le coup, trois cadavres, 4 personnes grièvement blessées. Arrivé à l’hosto, un des blessés meurt et porte le nombre à 4.Parmi les personnes tuées, Abdoulaye Doumbouya 18 ans, 2è gardien du Syli cadet.

La police se fera le plaisir de compter les morts et dresser le bilan macabre. Ce qu’elle a fait d’ailleurs. Sur les antennes du confrère Espace, Babacar Sarr, dirlo national de la police routinière appelle les citoyens à plus de responsabilité, et de discipline pour éviter les accidents, ou du moins, les limiter considérablement. Le contrôle technique et les sanctions policières cotre les contrevenants peuvent attendre. Et on attend le prochain accident avec son lot de mort.

Quelle Banque Centrale pour la Guinée ? (Safayiou Diallo, économiste-chercheur [1/3])

L'objectif de cet article est de poser quelques questions jugées pertinentes, selon l'auteur, afin d'éclairer la lanterne des décideurs politiques et l'opinion publique sur les véritables enjeux des reformes à engager dans les domaines monétaire et financier.

D’entrée de jeu, il faut avoir le courage de reconnaître les résultats obtenus par la Banque Centrale de la République de Guinée(BCRG) dans ses domaines d'intervention réglementaire tels que : le contrôle de l'inflation via une bonne conduite de la politique monétaire, la gestion efficiente des réserves de change de la nation et la surveillance du système bancaire…

Quel type de Banque centrale voulons-nous pour notre pays (indépendante ou dépendante de l'Etat) ? De cette question principale résulte un certain nombre de questions spécifiques :

Quel objectif pour la Banque Centrale dans la promotion d'un véritable développement socio-économique durable ? Quelle politique monétaire doit-elle conduire dans le cadre de l’atteinte de l’objectif de stabilité des prix ? Quelle politique de change promouvoir afin d'assurer la stabilité du taux de change ? Enfin, quel rôle pour la Banque centrale dans la satisfaction des engagements pris par la Guinée dans le cadre de la Zone Monétaire Ouest Africaine (ZMAO)?

Ces questions sont importantes car diverses réformes menées en Guinée depuis l'indépendance à la fois par les Gouvernements successifs et par les partenaires au développement tels que le FMI et la Banque mondiale ont échoué à cause d’un examen insuffisant de certains paramètres.

En effet, ces reformes consistent tout simplement à identifier avec une exactitude les problèmes qui méritent une solution tout en évitant des diagnostics erronés concernant les problèmes à résoudre.

Toutefois, Nous invitons le lecteur à pardonner l'absence d'une réponse exhaustive à chacune de ces questions soulevées ci-dessus, car comme le soulignait Badara Dioubaté(2004), un des principaux rôles de l'économiste est de savoir poser des questions qu'il juge pertinentes pour l'amélioration de la visibilité, sans pour autant prétendre apporter des solutions« miracles» qui n'existeraient pas dans l’absolu.

En ce qui concerne la question principale soulevée ci-dessus, nous avons le devoir de souligner que depuis sa création, la Banque centrale a subie diverses modifications de ses statuts (notamment en 1961, 1980, 1985 et 1994). Ces modifications se sont révélées sans succès dans la résolution des vrais problèmes auxquels elle est confrontée. Certes, la Nouvelle Commission Indépendante créée le 04 mai 2007 par le Premier Ministre de large consensus pour la revue des statuts et de la politique monétaire de la BCRG a obtenu des résultats notables par rapport à la reforme menée en 1994.

Cela étant dit, pour revenir à la question principale soulevée ; question qui nous parait extrêmement importante dans la mesure ou toute réforme de la Banque centrale doit commencer par le choix d'un statut clair concernant son autonomie (qui peut être totale ou partielle) ou son absence d'autonomie (dépendance totale) vis-à-vis de l'Etat.

A ce niveau, le véritable problème ne réside pas dans le fait que la BCRG soit dépendante de l'Etat, car dans de nombreux pays dits développés (à l'exception des Etats-Unis et de l'Europe en particulier) et en développement, les Banques centrales sont dépendantes des Etats (Badara Dioubaté, 2007).

Cela veut dire que dans notre pays, la dépendance de la BCRG peut être maintenue car comme le soulignait H. POINCARRE, «la monnaie est trop importante pour la laisser dans les mains des banquiers centraux ».

En revanche, l'Article 28 des statuts de 2009 de la BCRG indique que : «la Banque centrale consent des avances à l'état, tous concours confondus jusqu'à concurrence de vingt pour cent (20%) des recettes budgétaires constatées au cours de l'année budgétaire écoulée ».

Les conditions d'accès à l’avance et les modalités sont fixées par l’article 7 des statuts de 2009. Conventions passées entre le Ministre des finances et le Gouverneur de la Banque Centrale. En outre, contrairement aux statuts de 2009, les statuts de 1994 ne traitent pas l'éventuelle participation de l'Etat au marché secondaire des titres publics aux conditions de marché. Tandis que les statuts de 2009 indiquent à l'article 36 que « Sans préjudice les dispositions susmentionnées, la Banque Centrale peut accorder des avances temporaires à l’Etat ne dépassant pas 92 jours calendaire sous réserve que lesdites avances soient accordées aux taux d'intérêt du marché en République de Guinée. L'encours total desdites avances de la Banque Centrale versées au titre du paragraphe précédent n'excède pas 5% de la moyenne annuelle des recettes ordinaires pour les trois (3) de exercices financiers précédant l'année et pour lesquels les comptes sont disponibles ». Au regard des critères d'indépendance légale, les statuts de 2009 donnent une plus grande indépendance que ceux de 1994 (Ahmed Tidiane Diallo, 2010).

Menace de déguerpissement à Dar-es-Salam : Les riverains protestent

Le vendredi 11 mai, les citoyens du quartier Dar-es-Salam menacés de déguerpissement ont investi le carrefour ‘‘Boston’’. L’idée est simple : délocaliser les foyers dans la rue, n’ayant pas « où aller ». Les nounous ont barricadé le passage, empêchant toute circulation sur les axes Hamdallaye-Gbessia. Puis l’axe Bambéto-Concasseur qui traverse le quartier. Le long de la route, une cuisine géante, des marmites bouillantes, des repas servis, des membres des familles entières à table. Des passants aussi ont bénéficié des largesses des ‘’rebelles’’.  C’est la nouvelle astuce de protestation de tous ceux qui sont menacés de déguerpissement par l’Etat.  

Environ 400 ménages sont concernés par ce déguerpissement annoncé par le gouvernement pour éviter d’autres éboulements. Les locataires, ont déserté. Les propriétaires des bâtiments, eux, sont condamnés à rester pour se défendre. M’Ma Sylla au carrefour ‘‘Boston’’, la place Tahrir des femmes depuis jeudi, attend d’être dédommagé pour quitter : «Je suis là pour défendre l’intérêt de tout le monde. On n’entend pas la réponse que nous voulons. On ne sait pas si le président est là ou pas. J’ai perdu ma mère il y a trois mois, mon père est un militaire à la retraite, malade. Si on lui dit de quitter sa maison toute suite, où il va aller ? ». Les autorités soutiennent avoir dédommagé les occupants depuis 1997. Faux, rétorque les occupants : « Parmi nous, aucune personne dédommagée. Ceux qui l’ont été, sont partis depuis longtemps. L’état ne peux pas nous donner de l’argent et on continue à occuper les lieux», dit M’Ma Sylla qui renvoie les gouvernants actuel à Sidya Touré, premier ministre d’alors pour confirmer.

Charles Damba, chef du quartier Das-es-Salam reçu dans l’émission Parlons-en de nos confrères Lynx fm, la semaine dernière a dit avoir été reçu le 23 avril dernier par les représentants des institutions républicaines. Il a expliqué au prési de l'Assemblée nationale, à la présidente du Conseil économique et social, au Médiateur de la République que « la centaine de familles dédommagées a quitté il y a 20 ans ». Même que ces prési des institutions se sont montrées sensibles et auraient recommandé au ministre Ibou Kourouma d'aller informer le prési Alpha Grimpeur.

Les démarches menèes auperès du gouverneur de Cona-cris, du Médiateur de la République sont restées vaines, déclare Aly Badara Camara. La recommandation ne semble pas avoir été transmise à qui de droit, d’où la colère des habitants, dit-il.

Pendant que certains sont dans la rue, d’autres sont toujours dans leurs maisons, alors que le délai pour quitter a expiré. Alpha Barry habite ce quartier depuis 20 ans : « Les autorités nous ont sommés de quitter les lieux sans condition. Aujourd’hui, nos familles sont dispersées, nos bagages dehors. On n’a pas où les mettre. On a des enfants qui étudient à l’école. A défaut d’avoir  un hébergement pour eux, ils risquent de perdre leurs études, le ramadan et la saison pluvieuse pointent à l’horizon. On est inquiet, parce qu’on ne peut pas résister au pouvoir. Je pensais que ce genre d’action ne se produira dans un Etat de droit. Hélas !».

Si le gouvernement n’a pas démoli les bâtiments ce vendredi, alors que l’ultimatum a expiré, peut-être qu’il est en train de revoir sa copie. On ne sait jamais. C’est un sursis pour les occupants.

LEBERE BALDE

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A propos

Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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