Les élections législatives et référendaire du 1er mars suscitent peu ou prou d’engouement chez les citoyens à Simbaya, commune de Matoto. Seulement à une semaine de ces échéances électorales, les cartes d’électeurs restent en rade. Aucune affluence pour leur retrait dans les quartiers, excepté à Simbaya-école, où le chef de quartier El-hadj Ibrahima Dabo ne cesse d’inviter les citoyens, même dans la mosquée, à venir retirer leurs cartes électeurs. Le 23 février, dans le secteur mosquée, les cartes sont exposées en grand nombre sur la table d’une véranda, sans soin, du matin au soir. La jeune fille qui gère le machin, nous a confié sous l’anonymat que les citoyens ne viennent que «très rarement pour prendre leur carte. Et généralement ce sont les vieux et les femmes qui viennent. Les jeunes sont très rares, alors que nous avons recensé beaucoup de personnes dans cette zone.»
Dans le secteur 7 également, les cartes sont exposées sous les manguiers, dans les vérandas des concessions, des cailloux dessus pour empêcher le vent de les emporter. Parfois, on n’y trouve aucun responsable. «Où sont les responsables de ces cartes demande-t-on ? » « Mon frère, récupère ta carte et va-t-en. Les gens s’en foutent de ces cartes ici. Le chef de quartier et les chefs de secteurs ont beaucoup parlé, mais ces cartes n’intéressent que peu de personnes», nous répond Ibou Camara, dont le domicile jouxte la concession dans laquelle sont exposées les cartes d’électeurs.
Certains sont déjà en possession de leur carte d’électeur, mais ils restent peu convaincus qu’en au respect, cette fois, de la date du 1er mars, vu les deux précédents reports : le 28 décembre 2019 et le 16 février 2020. « Nous avons tous nous cartes d’électeurs depuis deux semaine maintenant. Mais je ne suis pas sûr que les gens auront le courage d’aller voter, car la situation n’est rassurant et que les gens semblent trop désintéressés à ces votes. D’ailleurs beaucoup de nos cartes, ce sont nos voisins qui nous les ont cherchées pour nous», explique El hadj Abdoulaye Baldé, père de famille et concessionnaire.
Même si la Commission électorale nationale indépendante (Céni) n’entend pas parler de faible taux de distribution de cartes d’électeurs, le Rpg arc-en-ciel lui, lui s’en est rendu compte depuis le début de la distribution. D’où les appels répétitifs du bureau politique national à ses militants et aux Guinéens de retirer leurs cartes d’électeur « s’ils veulent aider le Pr Alpha Condé à faire avancer la Guinée.» Ce désintérêt paraît évident même dans le fief traditionnel (Haute-Guinée) du parti au pouvoir d’où le Président Alpha Condé rentre de séjour de campagne et où il a tant invité les gens de la région à retirer leur carte d’électeurs. Il a réitéré cette invite, le 24 février au siège de son parti à Gbessia : « Je vous demande d’aller retirer vos cartes d’électeurs pour l’élection du 1er mars. Le taux de retrait est très faible. Mobilisez-vous et mobilisez les gens. Il reste encore du temps pour le faire.»
Reste à savoir si ces élections qui écartent une bonne partie de l’opposition auront lieu à la date indiquée, car le processus souffre trop de manque de transparence même aux yeux des institutions internationales d’où le retrait de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), le 24 février.
Yaya Doumbouya