
Alpha Grimpeur et son goubernement sont en campagne dans le cadre des légis-tardives couplées au referendum au 1er mars prochain. Les différents ministres sillonnent actuellement coin et recoin en Guinée profonde pour convaincre le populo d’accepter la volonté du chef de l’Etat de se doter d’une assemblée aux couleurs peu arc-en-ciel et d’une nouvelle Constitution qui lui permettrait de trôner à vie à la tête du bled. C’est dans cette logique qu’une délégation ministérielle s’est mise à chasser des électeurs au Foutah, bastion de l’UFDG, principal parti cde l’opposition. Parmi les ministres, il y a un certain Mory Sangaré, tout puissant de l’Education nationale et de l’Alphabétidation. Ce 7 février, il a mis le cap sur Labé, une terre qu’il connait par cœur. Il a rencontré notamment les gens-saignants. La crève générale et illimitée, la nouvelle Constitution, il s’en est donné à cœur joie.
Le ministre qui menace déjà de licencier les grévistes ordonne aux bouffe-la-craie d’ouvrir les yeux : « On nous a parlé d’une grève suivie partiellement à Dalaba, Mamou, Labé, Lélouma et Télimélé. Des enseignants se sont désolidarisés, le général Soumah était absent, il y a eu des lieutenants. Ces syndicats responsables ont signé le protocole d’accord. Les chances sont très minces que l’occasion soit donnée au SLECG de Soumah de lever un mot d’ordre de grève ». Cette annonce de Mory Sangaré a provoqué l’ire des bouffe-la-craie : ‘’On ne parle pas de politique ici’’ ; ‘’Vive la grève’’ ; ‘’ A bas la nouvelle Constitution’’. Mais le ministre ne s’est pas arrêté là. Il est allé jusqu’à demander aux bouffe-la-craie de soutenir la nouvelle Constitution : « Vous qui êtes ici, je vous demande, même si ça va vous faire crier, de bien réfléchir. On ne se bat pas comme ça, on se bat pour objectif bien déterminé. Si les gens pour lesquelles on se bat ne voient pas ça, au moins vous qui vous battez comprenez ça.
J’ai appris qu’il y a deux enseignants (candidats aux législatives, ndlr). Donc deux enseignants qui sont de vous. L’un à l’uninominal, l’autre suppléant ou suppléante, supportez ceux-ci. Vous aurez parmi vous un député. Chez nous on dit que quand on est en train de partager le poisson en tranches, si vous refusez votre tranche, quelqu’un d’autre aura deux. Donc, je vous dis ça. Donc, soutenez les enseignants, soutenez les candidats enseignants ». Hors de questions pour les bouffe-la-craie de se mêler de la politique : « S’il était venu parler de l’éducation, nous aurions écouté. Mais nous refusons catégoriquement de le suivre. La grève continue à Labé quel que soit le prix à payer » s’exclame un bouffe-la-craie.
Pendant ce temps à Cona-cris, le SLECG bénéficie du soutien d’une dizaine de centrales syndicales dans son combat.
Yacine Diallo