Cueillie comme une tomate mûre sur la route de Ourékaba dans la matinée de ce 19 février, dame Diessira Traoré sort des griffes de dame Thémis, après quelques allers-retours au tribunal de première instance de Mamou. Partie sensibiliser le populo de son buisson, la dépitée uninominale de Mamou, élue sous la bannière de l’UFDG, revient sur les circonstances de son interpellation.

«Je suis présentement à Mamou pour défendre la constitution (de mai 2010) et pour dire à la population de refuser de voter au référendum qui va tuer la jeune démocratie, acquise par le sang des Guinéens. Ce matin, j’étais sur la route de Ouré-Kaba (une sous-préfecture située à une soixantaine de kilomètres du chef-lieu de la préfecture de Mamou, sur l’axe Mamou-Faranah), lorsque des pick-up sont venus barrer mon véhicule. J’ai ouvert la portière et je suis descendue, pour demander ce qu’il y a. Les agents m’ont dit qu’ils ont besoin de moi à la gendarmerie. J’ai dit : « Allons-y ! » Ils se sont mis devant, on est partis. Lorsque nous sommes arrivés à la gendarmerie, j’ai dit : Amoulanfé (ça ne marchera pas) ! Nous sommes allés à leur bureau où ils voulaient m’auditionner. J’ai dit qu’ils ne le peuvent pas, à l’absence de mon avocat. Je leur ai dit que je ne dirai aucun mot. Après, ils m’ont dit d’aller à la justice. Un commandant m’a conduit à la justice. Quand le procureur m’a vu, il m’a demandé ce qu’il y avait. Je lui ai dit que moi-même je ne sais pas. Après, il m’a dit de rentrer et de revenir à 12 heures. A 11 heures 50 minutes, j’étais devant sa porte. Et, il m’a dit de rentrer… ».

Et l’épisode a pris faim là au grand dam des pandores ! Plus de peur que de mal, mais la dépitée pense à une « tentative d’intimidation » qui ne passera pas, selon elle. Ce qu’on va voir !

Mohamed Diallo