Le Prési Alpha Condé a été contraint de repousser de deux semaines la date des scrutins du 1er mars, suite au retrait du processus électoral de l’Organisation internationale de la Franco-folie et aux réticences de la communauté internationale, dont l’Union africaine (UA) et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Les unes après les autres, ces institutions ont pris leurs distances avec le processus électoral, considéré comme plein d’insuffisances, avec un fichier électoral qui contient plus de 2 400 000 électeurs non identifiés soit près du tiers du corps électoral. Au soir du 28 février, à quarante-huit heures du double scrutin du 1er mars, le Grimpeur a décidé du report des sélections de deux semaines. Le lendemain samedi 29 février, il a débarqué au siège de son parti, le Rpg arc-en-ciel à Gbessia, pour désavouer la position de ces institutions et «rassurer» ses grimpereaux que le scrutin aura bel et bien lieu. « On ne doit pas avoir de doute sur le fichier électoral. Nous avons aujourd’hui le logiciel le plus performant en Afrique. Non seulement il élimine les doublons, mais aussi les morts et les mineurs. Voilà qui est important. S’il y a un doute que l’on veut voler, il faut qu’on montre à la face du monde que nous ne volons pas, que nous voulons des élections transparentes », a déclaré le Prési Grimpeur. Et d’enfoncer le clou : « La Guinée a toujours été un pays panafricain qui a toujours joué un rôle au niveau de l’Afrique. Nous ne pouvons pas accepter au niveau de l’Afrique qu’il y ait un doute sur notre sincérité dans les élections. Cela est fondamental. Je dis bien en Afrique. J’ai toujours dit que les questions africaines doivent être réglées par les Africains. Quand nos amis africains veulent savoir ce qui est sur notre fichier, qu’ils viennent ! Parce que si l’on dit que tu es vilain la nuit, le matin on saura si tu l’es ou pas. On va reculer de deux semaines. Ils viendront constater eux-mêmes à partir de mardi prochain qu’il n’y a ni doublons, ni cas de mort, encore moins de mineurs sur le fichier. Nous, on est sûr de notre fichier, on le sait. Donc, après cela on va aller aux élections tranquillement.»

«Nous sommes capables de faire de concession»

Le Prési de la Roue-publique a déclaré que l’on ne peut pas se permettre, «quand on connaît le passé de la Guinée, qu’il y ait un doute au niveau de l’Union Africaine ou à la CEDEAO » car, estime-t-il, la Guinée a consenti à de nombreux sacrifices dans les mouvements de libération de plusieurs pays du continent. « Donc, nous ne pouvons être qu’à l’avant-garde de l’Afrique, être parmi les meilleurs. Donner des exemples, que ce soit dans les élections ou autre chose. Il faut être serein et fier du fait que nous sommes capables de faire des concessions pour que nos amis africains sachent que l’on sera toujours en avant-garde en Afrique dans tous les domaines. Cela est extrêmement important pour l’image de la Guinée.»

« La CENI ne peux pas enlever quelqu’un »

Dans le fichier électoral, l’opposition a dénoncé plus de 2 400 000 cas de doublons, de morts et de mineurs, d’où son boycott. L’Organisation internationale de la Francophonie a aussi dénombré les mêmes chiffres avant de se retirer du processus il y a quelques jours. La Commission électorale nationale indépendante (CENI) n’a rien corrigé de tout cela, mais le Grimpeur a son bouc-émissaire : « 2 400 000 électeurs qui ont voté en 2015 n’avaient pas mis leur doigt. Donc, l’OIF nous avait proposé de faire une réforme de la loi électorale, mais l’opposition a refusé. Or, il fallait la majorité des 2/3. Donc, la CENI n’a pas la possibilité d’enlever le nom de quelqu’un du fichier électoral du fait qu’il n’a pas mis son doigt. Mais là aussi, on n’a rien à perdre parce que si on regarde, on saura qui est favorisé dans tout cela. Il est important que tous nos amis viennent constater cela.»
Le Grimpeur a exhorté ses Grimpereaux à retirer leurs cartes d’électeurs et à redoubler d’efforts pendant ces deux semaines en faisant du porte-à-porte. « Nos jeunes doivent protéger les bureaux de vote, on assurera la sécurité du pays. Les gens doivent être rassurés. Que tout le monde aille voter ! Le gouvernement prendra ses responsabilités pour assurer la sécurité », a renchéri le Prési Alpha Condé avant de souligner qu’il retournera très prochainement à l’intérieur du pays pour expliquer au populo les raisons du report. 

Yaya Doumbouya