Abdourahmane Sanoh aux obsèques d’Alhassane Barry : « Nous n’avons pas d’autres choix que d’honorer leur mémoire »
Abdourahmane Sanoh aux obsèques d’Alhassane Barry : « Nous n’avons pas d’autres choix que d’honorer leur mémoire »

Assassiné le 21 juillet dernier alors qu’il revenait de l’école, Alhassane Barry, jeune élève de 16 ans, a été inhumé ce mardi 28 juillet au cimetière de Bambéto, comme la plupart des autres victimes du régime grimpeur. Tôt le matin, parents, amis et membres du FNDC se sont retrouvés à la morgue de l’Hôpital de l’Amitié Sino-guinéenne pour lui rendre un dernier hommage. La cérémonie de levée de corps a été présidée par Abdourahmane Sanoh, coordinateur national du Front.
Dans son discours, il n’a pas été tendre avec le pouvoir qu’il accuse d’être derrière ces assassinats à répétition : «Ces jeunes gens sont des martyrs. Comme tout le peuple, ils sont victimes d’injustice, de la tyrannie, de la boulimie d’un certain nombre d’individus qui veulent s’accrocher au pouvoir contre la volonté du peuple. Nous devons avoir du respect, de la reconnaissance envers ces martyrs de notre peuple». Il appelle ses collègues du FNDC et le populo à ne pas lâcher prise pour honorer ceux qui ont été fauchées par les balles dans cette lutte : «Nous sommes condamnés à poursuivre le combat, ne serait-ce que pour la mémoire de toutes ces personnes. Nous devons poursuivre le combat jusqu’à la victoire finale pour que justice soit rendue pour tous les gens que nous sommes en train de pleurer. Nous n’avons pas d’autres choix que d’honorer leur mémoire, leur combat, leur engagement. Je ne dirai pas de les venger parce que nous ne sommes pas dans la logique de la vengeance, mais de rendre justice. Nous continuerons à nous battre. Le peuple va continuer à demeurer debout jusqu’à la victoire finale».
Le cortège a pris la direction du cimetière de Bambéto, le cercueil couvert du drapeau, un groupe de jeunes tenant une banderole sur laquelle on peut lire : «Le 3e mandat d’Alpha Condé tue l’élève» ; «Tuez-nous tous, mais Amoulanfé».
Dans cette famille, Alhassane Barry n’est pas la première personne à être assassinée par balle lors des manifestations politiques. Mamadou Barry, un autre membre de la famille avait, lui-aussi, été tué par balle lors d’une manifestation de l’opposition en 2013. Alpha Oumar Barry, frère d’Alhassane réclame justice : «C’est la 3e victime du régime dans notre famille, nous espérons que justice sera rendue. Si on tue les Guinéens jusque dans leurs domiciles, c’est que la Guinée cesse d’être un Etat, elle reste juste un territoire contrôlé par une bande de criminels. Aujourd’hui, qu’est-ce que nous pouvons dire aux mères qui ont perdu leurs fils ? La seule chose qui peut les consoler, c’est la justice».
Alpha Oumar Barry demande aux Guinéens de ne pas oublier ces martyrs : «Ces personnes ne doivent pas tomber dans l’oubli. Nous devons penser à eux parce que ce qui leur est arrivé est triste. Ceux qui sont en train de lutter aujourd’hui, ne doivent pas les oublier quand ils arriveront au pouvoir. Nous espérons que si justice n’est pas rendue avec ce régime, cela se fera avec les régimes qui viendront».
Alhassane Barry a été assassiné dans la soirée du mardi 21 juillet au quartier Dar-es-Salam dans la commune de Ratoma, non loin de son école.

Yacine Diallo