Membre de l’ANAD (Alliance nationale pour l’alternance démocratique) qui regroupe plusieurs partis politiques et mouvement dont l’UGDD, qui accompagne l’UFDG, Bogola Haba a expliqué sa théorie sur le chiffre 59% de la CENI et 53% de l’UFDG. Pour l’arbitrage, il compte sur la Cour constitutionnelle.

« L’histoire du chiffre 59% a été préparée avant l’élection, l’histoire dit que Cellou Dalein Diallo est un candidat communautaire, il ne gagne qu’à Ratoma, Dixinn et au Foutah, donc ce n’est pas un candidat national. Derrière, il y a eu des menaces à l’encontre de l’armée : si vous laissez ce monsieur devenir Président, c’est sa communauté qui vote pour lui depuis 2010, (Rachid Ndiaye l’a dit sur Rfi), c’est sa communauté qui va gouverner. À la communauté internationale, on dit : si vous laissez ce monsieur devenir Président, la Guinée deviendra le siège du Djihadisme, du terrorisme, voilà l’histoire derrière le chiffre 59%. Pendant la campagne, Alpha Condé a dit à Coyah : Si vous laissez ce monsieur prendre le pouvoir, vous allez perdre toutes vos terres. A Kankan, il dit de faire attention au péril peul. Il fallait traduire cette histoire en chiffres ». Pour soutenir sa théorie, sieur Haba donne l’exemple de la publication des premiers résultats par la CENI à Kaloum, Matam, Matoto et Boffa, pour montrer que Cellou « n’a pas gagné dans les zones qui ne sont pas dominées par sa communauté ».

Après, il y a l’histoire du chiffre 53% qui dit que Cellou a « gagné ». Selon sieur Haba, Cellou Dalein Diallo a gagné en Basse-Côte, à part Fria avec un petit écart et Kaloum. « Il a gagné au Foutah, à N’Zérékoré et à Yomou, avec de grandes différences. C’est vrai, le RPG a gagné dans d’autres préfectures, mais l’écart n’était pas grand. Cela veut dire que ce n’est pas un candidat communautaire comme le prétend M. Alpha Condé et la CENI. Cellou a gagné en Basse-Côte, en Forêt et au Foutah, c’est cela la vérité, ce sont les faits ».

Il accuse la CENI d’avoir violé la loi. Le président de la CENI a déclaré un candidat élu, alors que ce n’est pas son rôle. La CENI ne donne que le résultat, c’est à la Cour constitutionnelle de déclarer le gagnant élu, a rappelé sieur Haba. « Ensuite, son chiffre n’est pas vrai. Il n’y a pas que Faranah qui dépasse les 100% de taux de participation. Les PV centralisés de Siguiri, Kérouané, Mandiana et Kankan ne reflètent pas la réalité. Le taux de participation de 100% ou plus n’est pas vrai. Les urnes ont été déplacées, le dépouillement n’a pas été fait sur place ; nous avons demandé à la Cour d’en tenir compte ».

Parmi les autres arguments de l’ANAD, la Cour avait ordonné la remise des copies lisibles de PV aux partis, « ce qui n’a pas été fait, alors les juges doivent décider ». Il rappelle que leur candidat, Cellou Dalein Diallo, n’a pu faire campagne à Kankan. Il n’ignore pas non plus la « substitution de PV ». Tous ces faits ont été mis à la disposition de la Cour constitutionnelle, a-t-il conclu. Tous les regards sont donc tournés vers la Cour constitutionnelle.

OTD