C’est passé presque inaperçu ! Le 10 janvier au Stade Omnisports de Bafoussam (Cameroun), parmi le collège des arbitres du match Guinée-Malawi figurait la Rwandaise, Salima Mukansanga, 33 ans. C’est la première nounou à officier la compétition continentale depuis sa création en 1957. Elle fait partie des 63 arbitres mobilisés par la CAF (Confédération africaine du football) pour diriger les matchs de cette 33e édition de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN).
Le dirlo de l’arbitrage de la CAF, Eddy Maillet, dont les propos ont été relayés par la presse, a affirmé que la Rwandaise Salima Mukansanga fait partie des meilleurs arbitres du continent. « Ces derniers mois, les arbitres ont été soumis à plusieurs tests d’aptitude à travers des cours de préparation et des vraies compétitions. Les officiels des matchs ont été sélectionnés en fonction de leur expérience, de leurs compétences et de leur forme actuelle. Seuls les meilleurs officieront lors de la CAN. Et la Rwandaise en fait partie. »

Féminiser les activités sportives
Les amateurs du football, même s’ils n’avaient pas, durant le match, la tête à observer une nounou arbitrer une compétition masculine, ne trouvent pas insolite cette grande première. Au nom de la promotion féminine, Youssouf Diallo, amateur de football, pense que la CAF devrait instaurer de mesures incitatives pour améliorer la présence des nounous dans l’ensemble des tournois organisés sur le continent. «J’ai suivi le match Guinée-Malawi, mais je n’ai même pas remarqué que l’un des arbitres était une femme. Il n’y avait aucune différence avec les matchs exclusivement officiés par des hommes. De nos jours, on prône la féminisation des activités sportives. Moi, j’encourage la CAF à instaurer un quota pour encourager la participation des femmes à tous les niveaux des différentes compétitions. »
Marguerite Tewa Camara, un autre fan du ballon rond, abonde dans le même sens. «Il faut promouvoir les femmes au sein des instances dirigeantes du football, mais aussi songer à aller vers une parité moitié hommes, moitié femmes dans la sélection des arbitres. En travaillant sur la qualification professionnelle des femmes et sur leur aptitude, on y arrivera un jour.»
Trois autres nounous arbitres à l’honneur
Sur son parcours, la carrière internationale de Salima Mukansanga débute en 2012, en tant qu’arbitre assistante, puis centrale lors des matchs de qualifications au Championnat d’Afrique féminin de football. En 2015 à Brazzaville (Congo) aux jeux africains, où elle est chargée du match d’ouverture opposant le Nigeria à la Tanzanie, de la demi-finale entre le Ghana et la Côte d’Ivoire. A la même année, elle a officié en Coupe féminine des nations CECAFA (Conseil de l’Association de football d’Afrique de l’Est et du Centre), qui s’est déroulée en Ouganda.
En 2016, Salima a été sélectionnée aux côtés de 47 autres arbitres pour officier les matchs de la Coupe d’Afrique des Nations féminine. Elle s’est faite remarquer à l’occasion de son arbitrage de la finale opposant le Cameroun au Nigeria. Ce n’est pas tout. En 2018, elle a été l’unique arbitre africain à la Coupe du monde féminine des moins de 17 ans en Uruguay. Enfin, la FIFA l’a sollicitée pour la Coupe du monde féminine, France 2019. Elle y arbitre notamment le match opposant la Suède à la Thaïlande.
Pour cette CAN, la CAF a fait honneur à quatre dames arbitres en les sélectionnant pour le tournoi. En plus de Salima Mukasanga qui sera arbitre centrale, il y a trois autres qui seront des arbitres assistantes : la Camerounaise Carine Atemzabong et les marocaines Fatiha Jermoumi et Bouchra Karboubi.
Fatoumata Condé