Il était une fois… Dans une république qui s’appelait Dandaya, vivait un roi noir, long, avec les lunettes noires-grises, les yeux en rondelle comme un caméléon du Sahel. Je vous raconte cette histoire, qui s’est passée l’an 1828.

Mais, hé kelamassaba (bon Dieu !), s’il vous plaît, il ne faut pas confondre les chiffres et les époques, je connais ce royaume, certains sont très intelligents et tout de suite ils ont fait des comparaisons.

Surtout avec les temps qui courent actuellement, il semble que les nombres pairs : 18 et 28 sont formellement interdits dans le royaume. Il semble qu’un individu mal rasé, de gris-gris noirs sur la tête, s’est mis à rêver pendant la journée que le roi noir long aux yeux en rondelle ira à la Mecque avec son chapelet en mine de fer, accompagné par les cailloux de l’axe de la Cellule. Bon, je ne comprends pas trop cette histoire.

Le pire pour le roi long noir, la somme des 2 nombres pairs donne un nombre pair également (18+28= 46). He Wotan ! 4+6 =10. Aïe !

Bon ! A Fakoudou, je ne veux pas m’aventurer dans ça, car l’individu aux gris-gris noirs rêveur même est activement recherché par les forces spéciales dans tout le royaume. Wallaye, lui, ça apprendra un jour à ne pas rêver et raconter tout ça au petit matin sous l’arbre à palabre du royaume et devant les imams du village…

Ce rêveur a ignoré les conseils de son père :

Ne jamais tout raconter

Ne jamais tout dire à ceux qui dorment nuit et jour

Ne jamais rêver pendant la journée

Ne jamais se confier à internet moderne

Ne jamais faire confiance aux imams du village

Ne jamais dire la vérité des rêves journaliers

Ne jamais fermer les yeux sous le soleil

Ne jamais dormir trop la nuit

Ne jamais consulter le sable du Sahel

Et

Ne jamais boire trop d’eau salée…

Chers camarades, j’ai juste parlé de l’an 1828 pour conter mon histoire dans le présent, wallaye-billaye, je n’ai rien d’autre derrière la tête, surtout pas de rêves. Iskine…

Sinon, vu que ces nombres (…) sont interdits dans le royaume actuellement, je ferais mieux d’aller en Egypte, demander aux pharaons de me prêter leur écriture à la naissance du monde (hiéroglyphes) afin de m’éviter des ennuis avec le roi long noir aux yeux en rondelle.

Ainsi, je remplacerai les interdits :

Le nombre 1 : par un bras long

Le nombre 2 : par un sabre long noir-gris

Le 1er 8 : par une tête mal coiffée

Le 2ème 8 : par un caniveau bouché.

En cas de difficultés de traduction, on appellera à la rescousse les égyptologues, ils pourront facilement nous traduire ce langage comme suit : le bras long qui attrape une tête mal coiffée, il coupe avec le sabre long et met le tout dans un caniveau bouché, point barre. Hein !

Dans ce cas, moi je ne risque plus rien, car je n’ai jamais prononcé les nombres pairs interdits…

Dis donc, dans ce royaume des oublieux, qui est fou ?

Revenons à mon histoire tout en espérant que je me suis fait bien comprendre de mes camarades concernant l’histoire des nombres pairs (…) interdits par le roi long noir. Je l’espère très fortement…

Si c’est le cas, je continue…

Il était une fois…

Il était une fois l’an 1828. Pardon, nombres pairs interdits

Non, je n’ai rien dit, pardon mon roi…

Il était une fois, l’an bras long qui attrape la tête mal coiffée et qui coupe avec le sabre long et met le tout dans un caniveau bouché à Kaloum. Aïe…

Mais, sachez également que je ne fais ni de rêve ni de parler de nombres pairs interdits. Billaye, il y a très longtemps, je ne dors plus et ne sais non plus des calculs élémentaires.

Chers compatriotes, je raconte juste une histoire que mon papa, ancien tirailleur militaire me racontait quand j’étais tout petit dans mon petit berceau obscur en paille de Dabola. Je ne connaissais ni chiffres ni nombres pairs ni impairs ni rêver ni parler ni même voir bien, pour distinguer les couleurs des yeux des rois noirs de l’époque. A Fa Kankan ! J’ai des témoins.

Encore, revenons à mon histoire de l’an (…), je suis vraiment perturbé, cette histoire d’interdiction de nombres pairs me taraude l’esprit et m’empêche de bien narrer mes souvenirs d’enfance…

Dans ce royaume, c’est difficile de comprendre, celui qui vient, il prend les fusils très pointus, les couteaux, les haches, les coupe-coupe et il dit haut et fort à la télévision qu’il va couper les zou-zou de tout le monde, surtout ceux qui sont contre ses paroles.

Dis-donc !

Dans ce royaume des lunettes noires-grises encore :

Personne ne sort

Personne n’entre

Personne ne fuit

Personne ne vole

Personne ne dort

Personne ne rêve

Personne ne parle

Personne ne marche lentement

Personne ne court vite

Personne ne jette les cailloux vers le haut

Personne ne danse la mamayah

Personne ne s’arrête au marché

Personne n’écrit avec un crayon noir

Que va-t-on devenir dans ce nouveau royaume de boule-boule ?

Quand le nouveau roi est venu, il a nommé tous les anciens prisonniers du précédent roi et enfermé tous ceux qui les commandait, sauf ceux qui ont appris à rêver la nuit, eux, ils ont réussi à escalader le mur de Coléyah-Bambéto…

Et voilà chers camarades, le soleil commence à sortir de son lit à l’horizon et moi, je dois écouter les conseils de mon père ci-haut…

Attendons la suite de mon histoire quand le soleil retournera à son lit…

Désolé…

C’est la faute au soleil, Non…

C’est la faute aux nombres pairs, Non…

C’est la faute au roi, peut-être, mais pas si sûr…

Je dois faire attention à ce que je dis…

Qui est fou ? dans ce royaume…

Alpha Issa Barry

(Suisse)