Des travailleurs de l’Office guinéen de publicité (OGP) se plaignent de plusieurs mois d’arriérés de salaire, de népotisme, de cotisations sociales impayées. Ils imputent tout cela au directeur général, Mandian Sidibé, qu’ils invitent à rendre son tablier.

Ni Mandian Sidibé (le directeur général) ni Thierno Mamadou Bah (le président du Conseil d’administration de l’OGP et par ailleurs Conseiller personnel du Président de la Transition) n’ont pu remettre l’OGP sur les rails. Eclaboussé par des scandales de détournement de fonds, désormais l’Office guinéen de publicité se trouve secoué par la colère de son personnel sevré de plusieurs mois de salaire.

Dans un courrier du 9 décembre, adressé au directeur général, des travailleurs réunis au sein d’un collectif réclament la démission de Mandian Sidibé. Ils l’accusent d’être à l’origine de leurs maux.  

« Plusieurs mois d’arriérés de salaire affectent gravement notre bien-être et celui de nos familles ; sans oublier la perte de crédibilité des employés et de l’entreprise vis-à-vis des partenaires à tous les niveaux », égrènent-ils. Selon le collectif, le non-paiement des cotisations sociales depuis trois ans expose ses membres à des « conséquences graves », notamment à l’absence de couverture sociale et à la non-validité des droits à la retraite.

Il fustige aussi la mise à l’écart des « employés méritants » au profit des proches ; des promotions perçues comme injustifiées qui nuisent à la cohésion des équipes. « Des nombreux salariés sont laissés de côté sans tâches à accomplir, ce qui traduit un mépris pour leur engagement professionnel », ajoute le courrier.

Que veulent-ils ?

Le collectif des travailleurs de l’Office guinéen de publicité exige « la satisfaction immédiate » de leurs revendications : le paiement intégral des arriérés de salaire, l’immatriculation de tous les employés à la Caisse nationale de sécurité sociale, la régularisation des cotisations sociales impayées. Il réclame aussi l’instauration d’une gestion transparente des ressources, la mise en avant de la compétence et l’expérience des ressources humaines. « Le personnel de l’OGP reste ouvert au dialogue, mais la patience est désormais épuisée. Si aucune mesure concrète n’est prise, la grève pourrait être inévitable », alerte le collectif. Leur préavis de grève illimitée court jusqu’au 12 décembre. Nos tentatives de joindre le directeur général sont restées vaines.

Appel au dialogue

Dans un communiqué du 10 décembre, la section syndicale des travailleurs de l’OGP s’est dit « surprise des agissements isolés » d’un groupuscule d’agents qui annoncent le déclenchement d’une grève illimitée. « La section syndicale de l’OGP n’est ni de près ni de loin associée à une telle démarche préjudiciable à notre société. La section syndicale invite toutes les parties au dialogue et à l’entente », plaide le syndicat.

La section syndicale estime que la responsabilité des difficultés conjoncturelles auxquelles est confronté l’OGP ne saurait être attribuée à l’actuelle Direction générale. Plutôt, « elle est en train de faire son mieux pour que la situation s’améliore », conclut le communiqué. Malgré tout, il y a toujours de l’argent pour financer les mouvements de soutien à la candidature présidentielle de Mamadi Doumbouya.  

Yaya Doumbouya