Dans une vidéo où il est entouré par un petit groupe de jeunes, le nouveau promoteur de la candidature du général Doum-bouillant à la prochaine présidentielle a présenté son équipe comme un trophée de guerre. La scène ressemble à une déclaration de prise de pouvoir sous les tropiques. Tellement que l’homme donne de l’importance à l’événement.
L’ancien ministre de l’Information semble avoir agi comme un néophyte. Le seul fait que tous les nouveaux adhérents à son mouvement soient des “frustrés” du RPG pose un sérieux problème. Ces recrues étaient déjà à la recherche d’un point de chute. Le pacte signé avec Makanera ne peut que prendre des allures d’un mariage de raison, non d’amour.
Si ces nouvelles conquêtes du CNRD étaient des militants du RPG voire des responsables encore actifs, la situation aurait été différente. Entre un militant déjà marginalisé, ou frustré, et un responsable en poste, c’est comme entre une belle fille célibataire et une veuve malmenée par la vie en compétition pour un mariage.
En outre, lorsque Makanera indique qu’on peut être RPG, UFDG ou UFR et être 100% CNRD, le couteau est à double tranchant. A chacun son interprétation. Il n’est pas exclu que l’homme veuille dire aux militants des trois principaux partis politiques du pays de l’imiter: prendre leur part de gâteau et vaquer à leurs activités dans leurs formations politiques d’origine.
En attendant, l’histoire retiendra qu’il est le premier homme de sa trempe à prendre ouvertement position en faveur de la candidature du Général. Du mutisme de la classe politique en général, le RPG en particulier, pourrait découler la conclusion que Makanéra s’agite pour s’agiter. Surtout que les acteurs politiques ne veulent visiblement pas tomber dans un piège de macaque. Personne ne veut lui faire une publicité gratuite. Le RPG s’en prend plutôt à ses responsables.
Mais, le silence de la classe politique peut aussi s’expliquer par la futilité d’ouvrir les hostilités avec “une grande gueule”. Dans l’un ou l’autre cas, le nouvel engagement de “l’abeille qui vole de fleur en fleur sans produire de miel “apporte de l’eau au moulin à ses détracteurs. Si jusqu’ici, il convoitait le titre de champion en transhumance politique, désormais il en est le leader incontesté et incontestable.
D’ailleurs, l’autre ancien ministre auquel il s’en était violemment pris, n’a pas tardé à publier une tribune sur «les acteurs dont la conviction varie comme la météo». Dans le même sillage, le président du Bloc libéral n’a pas manqué de demander au Premier ministre de présenter ses excuses au capitaine Moussa Dadis Camara. Pour avoir compté parmi les responsables des organisateurs de la manifestation du 28 septembre 2009 dont l’objectif était de dénoncer la candidature d’un officier de l’armée à la présidentielle.
Habib Yembering Diallo