Il y a d’abord eu le silence. Celui qui précède toujours les grandes trahisons. Puis le venin n’est pas venu d’une morsure, mais d’une main tendue : celle de la junte.
Mainmise sur les institutions, infiltration des partis, neutralisation des voix dissidentes. Et aujourd’hui, l’étape suivante est lancée : la récupération.
Car étouffer ne suffit plus. Il faut reconfigurer. Il faut faire croire que tout continue. Que l’opposition existe encore. Qu’elle a simplement changé de visage.
Et dans ce théâtre d’ombres, un acteur se distingue : Ousmane Gaoual Diallo.
Ministre influent du régime militaire. Soutien affirmé de la probable candidature de Mamadi Doumbouya. Homme de l’appareil, devenu, comme par miracle judiciaire, candidat à la reprise d’un parti d’opposition qu’il ne combat plus.
Il ne veut pas diriger pour combattre le pouvoir. Il veut diriger sans s’opposer. Il ne veut pas l’élection. Il veut l’outil électoral. Il ne veut pas le débat. Il veut l’étiquette.
Alors, pourquoi reprendre l’UFDG sans vouloir concourir ?
Parce que dans le plan qui s’écrit, ce n’est pas la confrontation qui est recherchée, mais la neutralisation. Parce que le pouvoir, désormais, ne se gagne plus uniquement dans les urnes, mais dans les reconfigurations internes, les exclusions annulées par des juges dociles, les mémorandums forgés dans l’ombre.
Le projet est simple : réinventer une UFDG sans sa colonne vertébrale.
Une UFDG sans Cellou Dalein Diallo.
Sans contestation forte.
Sans légitimité populaire.
Mais avec un vernis légal.
Avec un chef docile.
Avec un fauteuil vide devant Mamadi Doumbouya.
Le boa a fini de serrer. Maintenant, on dissèque.
Par Alpha Bacar Guilédji