La Cour de répression des infractions économiques et financières (Crief), délocalisée à la Cour des comptes, n’a pas tenu d’audience ce 10 février. Rencontré à son bureau, le procureur spécial près la Crief, Aly Touré, a fait savoir que les magistrats n’ont pas pu rallier la commune de Kaloum à temps. Aussi, les détenus n’ont pu être extraits de la Maison centrale de Coronthie, théâtre de tension suite à des coups de feu entendus dans la matinée de ce jour. Les alentours du pénitencier restent bouclés par des agents des forces de défense et de sécurité.
« Vous savez, nous sommes collégiales à la Crief. Si un magistrat manque à l’équipe, nous ne pouvons pas siéger. Sinon, tout était prêt pour les audiences prévues sur le rôle de ce 10 février », a expliqué le procureur spécial Aly Touré.
La Chambre des appels de la Crief devait rendre son jugement dans le procès en appel opposant Ibrahima Kourouma, ancien ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation à l’Etat guinéen représenté par son Agent judicaire.
Ibrahima Kourouma avait été condamné à quatre ans de prison en première instance, le 14 mai 2025, par la Chambre de jugement de la Crief, pour enrichissement illicite. Il avait été relaxé par rapport à la charge de détournement de deniers publics.
L’ancien ministre est accusé d’avoir détourné plus de 612 milliards 520 millions de francs guinéens et 12 millions de dollars américain. Il est en prison depuis le 21 avril 2022.
Au moment où nous quittions la Crief, aucune date de renvoi des audiences du jour n’a été faite. Selon le procureur spécial, le président de la Chambre des appels le fera ultérieurement.
Yaya Doumbouya


