Mamadi Doumbouya a confié à son Premier ministre la lourde tâche de faire grandir la mouvance politique Génération pour la modernité et le développement qui a porté la candidature indépendante du désormais président de la République. Sans perdre du temps, Bah Oury somme partis politiques et mouvements alliés de se diluer dans la GMD.

Avec Mamadi Doumbouya, Amadou Oury Bah n’a pas seulement comme mission de conduire le gouvernement. Il est aussi chargé de faire passer la Génération pour la modernité et le développement (GMD) de mouvement indépendant à grand parti politique.

Pour y arriver, le Premier ministre a sa petite idée : fondre au sein de la GMD tout mouvement ou parti politique allié au pouvoir. Bah Oury a en ligne de mire les législatives, sénatoriales et communales. Il n’hésite donc pas à interpeller ces derniers publiquement. Histoire de les surprendre et de leur laisser peu de marge de manœuvre ? En tout cas, le chef du gouvernement veut aller vite.

Mais chez les alliés, l’on accueille la nouvelle avec une certaine circonspection. S’ils réitèrent leur détermination à consolider le partenariat avec le futur parti au pouvoir, ils s’étonnent de la démarche entreprise par Bah Oury. Pépé Francis Haba, président du parti UGDD, voit en la sortie du Premier ministre « une main tendue envers les mouvements de soutien et les partis politiques pour créer un nouveau parti politique mieux organisé. » Mais il critique la démarche : « Avant de faire une telle communication, il fallait engager une véritable négociation avec les formations politiques alliées, de façon à ce qu’on puisse avoir les tenants et les aboutissants. »

La charrue avant les bœufs ?

Pour réussir sa mission, le Premier ministre a entrepris des rencontres avec leaders de partis politiques et responsables de mouvements de soutien, afin de discuter de la faisabilité de sa proposition. Les discussions se feraient séparément. Pour Alhoussein Makanéra Kaké, les pourparlers devaient précéder la déclaration du Premier ministre : « La fusion est une très bonne chose. J’ai piloté une telle action en 2010 au compte du RPG arc-en-ciel. Mais il fallait regrouper les leaders des partis politiques, les responsables des coordinations des mouvements de soutien, discuter avec eux pour enclencher le mouvement. Le PM ne doit pas oublier que les partis à fondre ont des structures. Il faut des discussions pour que leurs antennes intègrent facilement les structures de la GMD. Où est le bon sens, quand vous cherchez à reprendre la force de celui qui vous aide ? »

Pour Makanéra Kaké, le Premier ministre gagnerait à rassurer même ceux qui ne sont pas disposés à fondre leurs partis politiques. Diabaty Doré est plus énigmatique. Il se dit prêt à rester au sein de la mouvance présidentielle, mais pense que les partis politiques ne sont pas obligés de disparaître : «On peut être de la mouvance en gardant son parti politique… Nous allons rencontrer le Premier ministre, analyser la situation et évaluer la faisabilité des choses… De toute façon, moi je me considère déjà comme un parti de la mouvance. Et je suis prêt à accompagner le Président pour son septennat et même au-delà.»

Par contre, d’autres alliés qui ont pourtant battu campagne pour Mamadi Doumbouya lors de la présidentielle du 28 décembre dernier font déjà savoir qu’ils ne fusionneraient pas leurs partis avec la GMD.

Yacine Diallo