Nommés le 2 février par le Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, des ministres du gouvernement Amadou Oury Bah prennent déjà fonction. C’est notamment le cas pour les ministres de la Justice, Ibrahima Sory II Tounkara, de la Santé et de l’Hygiène publique, Khaïté Sall. Lors de cérémonies distinctes, ces nouveaux membres du gouvernement, après avoir exprimé leur reconnaissance et leur gratitude au chef de l’État pour la confiance placée en eux, ont décliné leurs priorités respectives.

Dans son discours, le ministre de la Justice a fait un constat alarmant de l’état de l’appareil judiciaire guinéen. Il a notamment pointé du doigt le surpeuplement carcéral comme l’un des maux les plus préoccupants du secteur : « Le surpeuplement carcéral demeure l’un des défis les plus graves, principalement dû au non-respect des délais légaux, au recours excessif à la détention provisoire et à la lenteur de la justice », arguant qu’une justice lente « est une justice perçue comme injuste ». Pour changer la donne, le nouveau garde des sceaux annonce une politique pénale « responsable et humaine, axée sur le respect strict des délais légaux, la réduction raisonnée de la détention provisoire et la promotion des alternatives à l’incarcération.

Les droits de l’homme doivent être notre boussole : protection effective des libertés fondamentales, accès équitable à la justice et prévention des violations. » Ibrahima Sory II Tounkara met également l’accent sur la modernisation de la justice, à travers la digitalisation progressive des procédures, la réhabilitation des infrastructures judiciaires et le renforcement continu des capacités des acteurs de la chaîne judiciaire. Le nouveau Garde des Sceaux lance un appel : « Bâtissons ensemble une justice intègre, performante et respectée. La justice n’appartient pas à un homme, elle appartient à la République, au peuple. »

Consolider les acquis

Ce même mercredi, la ministre de la Santé et de l’Hygiène publique a aussi pris fonction. L’ancienne secrétaire générale du département souligne l’ampleur de la tâche qui l’attendent : « Je prends la pleine mesure de l’immense responsabilité qui repose sur mes épaules et surtout de l’espoir que nourrit notre peuple quant à l’accès universel et équitable aux soins. » Parmi ses priorités, il y a la poursuite des chantiers d’infrastructures sanitaires, notamment les hôpitaux régionaux à vocation universitaire : « Notre action restera guidée par des piliers clairs : prévenir, détecter, riposter et éradiquer les maladies, qu’elles soient transmissibles, non transmissibles ou tropicales négligées ». Khaïté Sall n’oublie pas non plus la nécessité d’une gestion rigoureuse des ressources publiques et l’exploration de mécanismes innovants de financement : « Nous devons concentrer nos efforts sur des stratégies à fort impact et promouvoir le financement basé sur les résultats afin d’améliorer concrètement le quotidien des Guinéennes et des Guinéens. »

Outre ces deux ministres, d’autres chefs de départements ont également pris fonction. C’est notamment le cas pour la ministre de la Femme, de la famille et de la solidarité, Patricia Lamah ou encore le ministre de la Sécurité et de Protection civile, le général Ahmed Mohamed Oury Diallo. Plusieurs autres prises de fonctions sont attendues dans les prochaines heures.

Mariama Dalanda Bah