Ce mardi 10 février, des coups de feu ont été entendus aux environs de la Maison centrale de Coronthie, dans la commune de Kaloum. Il se raconte que des éléments des Forces spéciales y auraient fait une descente, pour extraire Aboubacar Sidiki Diakité, dit Toumba, qui purge une peine de 10 ans, suite à sa condamnation dans le procès du massacre du 28 septembre 2009. Pour l’heure, les autorités n’ont fait aucune communication sur les coups de feu entendus à Kaloum.

Selon Ibrahima Bah, habitant du quartier Coronthie, les détonations ont été entendues entre 9h et 10h. « Les coups de feu étaient intenses, c’était chaud. Après le calme, les gens sont allés chercher leurs enfants à l’école. Le commerce est fermé, tout le monde est  rentré chez soi. Mais les gens avaient peur », ajoute-t-il.

Vers 10h, tous les accès à la commune de Kaloum sont bouclés au niveau de l’échangeur de Moussoudougou, où six pick-up du Bataillon autonome des troupes aéroportées (BATA) venant de la banlieue ont été bloqués. Mais, la voie leur a été libérée peu après.

Des automobilistes et motards se rendant à Kaloum ont dû rebrousser chemin, d’autres ont fait le pied de grue, avant que l’accès ne soit rétabli par des militaires et des gendarmes armés.

Dans Kaloum, tous les accès menant à la Maison centrale et alentours ont été bouclés par des militaires et des gendarmes armés jusqu’aux dents. À Tombo, la route menant vers le Port autonome est bloquée par des agents des forces spéciales.

À Coronthie, une colonne des bérets rouges armés jusqu’aux dents faisait la ronde. Des pick-up de militaires et de gendarmes postés à tous les carrefours de Coronthie, plusieurs boutiques et magasins du marché Niger, non loin de là, ont baissé les rideaux.

Interrogée, une garde pénitentiaire en provenance de la Maison centrale, nous balance : « On voit ce que s’y passe, mais on ne raconte pas. Allez-y voir ! »

Au moment où nous mettions en ligne, les habitants de Kaloum ont repris à vaquer à leurs occupations, mais des militaires sont toujours déployés, partout.

Aujourd’hui comme hier, aucun détenu n’a été extrait de la Maison centrale pour les jugements à la Crief, délocalisée à la Cour des comptes. Du moins, pour le moment.

Yaya Doumbouya