Appuyé par l’ONG Action Mines Guinée, depuis 2023, le Comité de suivi de Kérouané sensibilise des communautés impactées par le Projet Simandou, publie des rapports d’impact trimestriels, documente les impacts et aide à la saisine du mécanisme de gestion des plaintes. Les séances de sensibilisation permettent d’échanger avec les communautés sur les enjeux et opportunités du Projet Simandou, les droits et devoirs des communautés, les moyens de recours légaux ainsi que le processus de plaidoyer au niveau local.

Ainsi le 28 janvier, le Comité de suivi de Kérouané a publié le deuxième rapport annuel des impacts des travaux de Simandou sur les communautés riveraines du projet. Durant ces six derniers mois, il a documenté les dégâts marqués par la destruction des champs et la pollution des cours d’eau. Selon lui, la situation provoque non seulement la restriction des domaines agricoles mais aussi un problème d’eau potable dans les différentes localités traversées par le Projet. 

Selon le rapport, 16  impacts du projet sur les communautés ont été documentés par le Comité. Avec trois impacts collectifs, ils concernent principalement des cas de pollution de domaines agricoles et des cours d’eau. « Sur les 16 impacts documentés et transmis aux entreprises via leurs mécanismes de gestion de plaintes, aucun n’a été totalement résolu dans les délais prévus. À ce jour, seulement quatre plaintes ont été partiellement prises en compte, tandis que douze restent sans solutions concrètes », lit-on dans le rapport.

Abou Diakité a perdu trois hectares de riz en 2025. La boue rouge s’est déversée dans son champ. « Cette année, je n’ai rien eu dans mon champ. Je me suis plaint. Nous sommes nombreux dans cette situation. Tous ceux qui travaillent dans le bas-fond, le long du corridor, ont été impactés. Ces deux dernières années, nous n’avons pu travailler dans nos champs. Les sociétés ont promis de réparer les dégâts et nous rembourser également. Rien n’a été fait encore, nous attendons », explique Abdou Diakité.

Dans un domaine d’environ 300 hectares, selon le doc, il y a eu la pollution et le  déversement de la boue rouge provenant de la fosse de latérite dans un champ agricole à Souloukoundenka, un district, de la commune urbaine de Kérouané. Le Comité de suivi avait constaté la réalisation de certains travaux en cours, pour éviter le déversement de la boue dans le champ. Mais selon un représentant d’une famille de Kérouané, ces « mesures prises ne serviront à rien pendant la saison pluvieuse, car les mêmes mesures ont été faites plus de trois fois, mais à chaque fois qu’il pleut, la pluie enlève ces barrages. »

Cérémonie de présentation du rapport du Comité de suivi de Kérouané

Le Comité de suivi conclut que malgré le lancement en fanfare de l’exploitation du gisement de fer de Simandou, il apparaît évident que des impacts négatifs persistent sur le terrain. Cela, en dépit de toutes les attentes positives des communautés. « Les préoccupations soulevées dans ce document ainsi que les précédents rapports du Comité de suivi mettent en lumière l’inefficacité des systèmes de gestion des plaintes des entreprises du Projet et une mise en œuvre non exhaustive des engagements pris dans les plans de gestion environnementaux et sociaux. Face à [la situation], il serait très utile de renforcer la synergie d’action entre les acteurs du projet, afin de promouvoir la transparence et une exploitation minière responsable autour du Projet Simandou, pour éviter que la phase d’exploitation ne cause plus de problèmes » aux communautés riveraines du projet.  

Ibn Adama