Sous le feu des critiques depuis plus d’une semaine au sujet d’un Accord qui aurait été signé entre la Guinée et l’Allemagne pour le rapatriement de ressortissants guinéens en situation irrégulière, Morissanda Kouyaté, ministre des Affaires étrangères, a animé une conférence de presse ce jeudi 26 février. Pour apporter des clarifications sur le sujet ou plutôt, pour rétropédaler.

Selon le ministre des Affaires étrangères, sur environ 6 000 Guinéens en situation irrégulière en Allemagne, seuls 120 ont été rapatriés depuis l’arrivée au pouvoir du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD). Il a assuré que le gouvernement continuera à protéger les ressortissants guinéens partout dans le monde, tout en respectant les engagements internationaux des pays partenaires.

Le chef de la diplomatie guinéenne a indiqué que c’est l’Union européenne qui est en face de la Guinée. « Ce n’est pas l’Allemagne seulement, c’est l’union européenne qui nous met la pression, parce qu’ils ont aussi leur opinion publique qui  ne veut pas des gens. Il y a une chose sur laquelle nous devons travailler, les conditions dans lesquelles nos compatriotes sont rentrés : savoir est-ce que tous leurs droits ont été respectés et nous mettons en place une commission d’enquête bilatérale, la partie allemande et la partie guinéenne pour enquêter là-dessus et pour traiter cette question. À partir de là, nous allons revoir l’Accord que nous n’avons pas signé mais que nous avons subi. Mais je veux être clair pour la communauté internationale, la Guinée n’est pas un pays rebelle, nous respectons la dignité des autres pays, nous respectons leurs droits, nous ne pouvons pas accepter que nos compatriotes violent leur droit. Donc, il s’agit de négocier avec eux, dans l’intérêt des deux parties. Et nous qui sommes au gouvernement, chez eux et ici, nous devons être intelligents pour ne pas nous livrer aux extrêmes ».

Morissanda Kouyaté avait annoncé la suspension de l’Accord de « coopération en matière de migration légale et illégale » qui aurait été signé entre la Guinée et l’Allemagne en « 2018 ». Au cours de sa conférence de presse de ce jeudi, il a fait un retro pédalage, pour dire qu’il ne  parle pas de suspension, mais d’une enquête. « Nous allons nous asseoir, pour réviser tout cela. Et la partie qui ne nous convient pas, on va l’améliorer », a-t-il affirmé sans plus de détails.

Ibn Adama