Au Sénégal, la disparition de neuf pêcheurs, plus d’un mois après leur sortie en mer, relance le débat autour du manque de moyens pour localiser les bateaux artisanaux en détresse.

Les neuf pêcheurs avaient pris la mer tout début janvier 2026 à bord d’une pirogue partie de la baie de Yarakh, juste en-dessous du port de la capitale du Sénégal, Dakar. Leur sortie devait durer une semaine. Mais, selon des proches joints par téléphone, peu de temps après leur départ, le contact a été perdu. Depuis, les proches n’ont eu aucune nouvelle.

Une situation inquiétante qui est loin d’être isolée, selon Macoumba Dieye, président de l’union nationale des pêcheurs artisanaux, joint par Moussa Oumar Barry : « Depuis deux mois, près de 30 pêcheurs ont disparu en mer. Il y en a eu à Yoff, à Joal Fadiouth dans le centre. Sept personnes ont aussi disparu à Elinkine, dans le sud. En tout, ce sont près de 30 pécheurs qu’on cherche mais on ne les trouve pas. C’est une grande source d’inquiétude. »

« Nous effectuons nous-mêmes les premiers secours »

En cause, selon les acteurs du secteur, les mauvaises conditions météo, les pannes de moteur quelquefois, mais surtout l’absence d’outils de localisation des pêcheurs disparus, comme le regrette Macoumba Dieye. « Nous sommes au XXIe siècle. Normalement, le problème de logistique ne devrait pas se poser, critique-t-il. On devrait avoir les moyens et le matériel nécessaires pour localiser une pirogue facilement. Mais, malheureusement, il n’y a pas cette volonté politique. Quand il y a une catastrophe en mer, nous effectuons nous-mêmes les premiers secours, car nous nous cotisons pour aller à la recherche des pêcheurs. »

La Marine sénégalaise n’a, pour l’heure, pas communiqué sur ces disparitions de pêcheurs.

Par RFI