Le 6 février, le Président de la République a échangé avec les opérateurs économiques au palais Mohammed V (Conakry) autour de la baisse des prix des produits de première nécessité à l’approche des mois du jeûne du Ramadan et du carême chrétien. À l’issue de la rencontre, des concessions ont été faites, des engagements pris, reste leurs effets sur le panier de la ménagère.
Vêtu de blanc, le Président Mamadi Doumbouya a reçu « en priorité » les acteurs du secteur privé, se disant convaincu que la transformation économique durable du pays repose sur un secteur privé plus fort, responsable et engagé aux côtés de l’État. Il a promis à ses invités que l’État agira pour créer un environnement favorable à l’investissement, à l’innovation, à la compétitivité et à l’émergence. Que les réformes engagées pour moderniser l’administration, améliorer le climat des affaires et renforcer la transparence se poursuivront avec détermination, dans le cadre du Programme Simandou 2040, qui vise une croissance inclusive, responsable et génératrice d’emplois durables. « À l’approche du Ramadan et du Carême, j’invite l’ensemble des opérateurs économiques à œuvrer pour l’allègement du coût des produits de première nécessité. Cela contribuera à la conservation du pouvoir d’achat et au bien-être des citoyens. L’État, pour sa part, a déjà consenti les efforts importants, notamment la suppression des surestaries jusqu’au 31 mars prochain, ainsi que l’ouverture du Port autonome de Conakry 24h/24, 7j/7, afin de fluidifier les importations, réduire les coûts logistiques et soutenir l’activité économique », a déclaré le Président. Pour lui, cette mesure constitue « une priorité absolue pour les années à venir. Soyez rassurés, l’État continuera à prendre toutes les dispositions nécessaires pour soutenir vos activités, encourager l’investissement productif et renforcer notre partenariat stratégique au service du développement national et du bien-être de la population, » a-t-il promis.

Interpelé sur les multiples arrêtés ministériels, le Président a annoncé que désormais aucun arrêté conjoint ne sera signé sans son aval. Selon lui, la décision vise à garantir la cohérence de l’action publique, à renforcer la gouvernance économique et à préserver la compétitivité des entreprises.
Doléance pour bâtir des entrepôts
Le chef de l’État a martelé que la production locale constitue un axe stratégique majeur, notamment dans le secteur agricole, agro-industriel et l’élevage. Son ambition: produire, transformer et commercialiser davantage des produits locaux, pour renforcer la sécurité alimentaire, créer de la valeur et consolider l’indépendance économique. « Ensemble, dans un esprit de confiance, de responsabilité et de patriotisme économique, nous poursuivons la construction d’une économie prospère, résiliente et durable pour notre pays », a-t-il ajouté.
El Hadj Mamadou Baldé, le président de la Chambre du commerce, de l’industrie et de l’artisanat de Guinée, affirme que c’est la première fois que les opérateurs économiques bénéficient trois mois et demi de la suspension des surestaries. Il annonce la signature prochaine de la convention de respect des prix des denrées de première nécessité entre importateurs de ces produits, afin de rendre conformes leurs prix. Pour la sécurité alimentaire, le président de la Chambre du commerce a exhorté le chef de l’État à accorder aux opérateurs économiques des espaces, pour la construction d’entrepôts destinés à conserver les denrées de grande consommation.
À défaut de baisser les prix des denrées, Mohamed Abdallah Chérif Haïdara, le président du Groupe organisé des hommes d’affaires (Goha), a invité les opérateurs économiques à ne pas les augmenter. « Nous exhortons également les autorités du pays à créer les conditions, pour que cela soit une réalité », conclut-il.
Yaya Doumbouya


