Il est des soirs que l’on est tenté de maudire
Des nuits noires à pendre le crachat
Une tristesse qu’aucun mot ne saurait dire
Une nouvelle affligeante de tonnerre, de fracas
Tous les hommes vivent pour mourir
Féconder la terre qu’ils meurent à chérir
Mais peu existent pour s’élever au rang des dieux
À force de noblesse, d’honneur et de mesure
Peuplant par leur grandeur les esprits et les cieux
Tant ils firent preuve de dignité et de droiture
De ceux-là fut le Grand Yala du Lynx
Grand de la majesté du mythique Sphinx
Témoin premier de nos années d’horreur
Baobab altier de la liberté, de l’honneur
Au mépris des banquets et exquis festins
Il choisît l’austère et l’illustre destin
Bénie soit votre École, telle l’antique Semence
Oh douleur indicible ! Oh tristesse immense !
Écharde éthérique dans la chair honnie des tyrans
Fleur angélique sur le rocher des endurants
Oh finitude ! Oh misère ! Oh malheur !
À quoi bon les sanglots, les pleurs !
Tout dans l’oraison, l’invocation
Tout pour l’héritage, la consécration
Tout pour l’homme de presse, la Légende
Notre gratitude infinie et notre éternelle allégeance
Toute génération d’intellos eut ses psaumes, son prophète
La mienne, par vos glorieux pamphlets fut parfaite
Au Maître absolu de la formule juste
De l’art, de la plume et de l’Artiste
Tout pour la Prose, l’élégance et la Satire
Art suprême que l’esprit libre désire
Oh Sassine ! Oh KAA ! Oh vénérables mânes !
Accueillez donc en prince de vertu DIALLO Souleymane
Astre sublime de nos cieux basanés
Que vous connûtes jadis sous le nom de Guinée.
Gratitude éternelle
Gratitude infinie
Gratitude pour tout.

Kaba Mohali