Après le ministre de l’Education nationale et de l’Alphabétisation, c’est autour d’Ibro Sorry 2 Tounkara de la Justice et des Droits de l’Homme de se rendre, le 24 juillet, dans la famille de feu Mamadou Djouma Bah. Histoire de compatir à la douleur des proches du jeune lycéen mort au gnouf en purgeant une condamnation pour fraude au baccalauréat.

À la tête d’une importante délégation composée de membres de son cabinet, du Pro-crieur général près la Cour d’appel de Cona-crime, de l’Inspecteur gênant des sévices judiciaires et pénitentiaires, ainsi que des autorités administratives de Kindia, le Garde des Shows est allé compatir à la douleur de la famille éplorée : « Il y a de cela trois jours, il y a eu le décès d’un élève qui a été condamné pour fraude. En tant que ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, je ne pouvais pas rester insensible à ce qui est arrivé. Certes, on parle d’une condamnation, mais il faut montrer aussi le côté humain de la justice. »

Ibro Sorry 2 Tounkara était porteur d’un message du Prési de la Roue-publique : « Si vous me voyez avec mon cabinet, c’est pour [dire qu’on ne peut] pas rester insensibles à ce qui s’est passé…Le Président de la République et le Chef du gouvernement m’ont mandaté pour venir m’enquérir de la situation et présenter, à la famille éplorée, les sincères condoléances du gouvernement ainsi que celles de l’ensemble du peuple de Guinée. »

Affaire à rejuger

La veille, le Parquet général près la Cour d’appel de Cona-crime a brossé les circonstances de l’interpellation de Mamadou Djouma Bah et d’autres candidats, le 2 juillet 2026 : « Les investigations ont permis d’établir que six candidats étaient en possession de feuilles manuscrites contenant des corrigés ou des éléments de réponse aux sujets d’examen. Ces documents étaient dissimulés dans des cahiers de brouillon ou dans leurs vêtements dans le but de les utiliser pendant les épreuves. » Le Tribunal correctionnel de Kindia les a reconnus coupables de « fraude à l’examen », a condamné chacun d’eux à un mois d’emprisonnement.

Drépanocytaire, Mamadou Djouma Bah est mort alors qu’il purgeait sa peine à la Maison centrale de Kindia. Le Parquet général jure, la main sur le palpitant, que l’ado de 17 ans est mort au Centre hospitalier régional Alpha Oumar Diallo de Kindia, « malgré les soins qui lui ont été administrés ». Mais la famille soutient avoir fait des pieds et des mains pour l’extraire et l’hospitaliser à temps, en vain. Ce n’est que mourant qu’il a été remis à sa famille.

Alors que des voix s’élèvent pour exiger la libération des cinq autres condamnés dans la même affaire, le Parquet général près la Cour d’appel de Cona-crime annonce un procès en appel le 27 juillet… pour endormir l’opinion ?

Mariama Dalanda Bah