La journée du double scrutin législatif et communal du 31 mai restera longtemps gravée dans la mémoire des populations de Labé, en Moyenne Guinée. Au-delà des difficultés logistiques et de la faible participation des électeurs, plusieurs responsables de centres de vote ont également été pointés du doigt pour des manquements dans l’organisation des opérations électorales.
Dans la région administrative de Labé, le dimanche 31 mai, plusieurs bureaux de vote ont fermé avant l’heure prévue, malgré la décision de la Direction Générale des Élections (DGE) de prolonger le vote jusqu’à 19h30. C’est notamment le cas du centre de vote de Bowloko, dans la commune urbaine de Labé. Bien que ce centre n’ait pas connu une forte affluence la journée, les opérations de dépouillement y ont démarré dès 18h.
Dans l’ensemble de la préfecture, le scrutin du 31 mai a été caractérisé par une faible mobilisation des électeurs. Selon plusieurs sources concordantes, le taux de participation ne devrait pas dépasser 50 %.
Parmi les citoyens ayant choisi de ne pas voter figure Saliou Djan Diallo. Il justifie son abstention par le manque de clarté des projets de société proposés par les candidats. Selon lui, aucun prétendant ne l’a suffisamment convaincu durant la campagne électorale. Il estime également que de nombreuses promesses faites aux électeurs sont rarement tenues une fois les candidats élus.
À l’inverse, Thierno Ibrahim Barry a accompli son devoir civique. Pour lui, il est essentiel de participer au choix des dirigeants pour espérer un avenir meilleur.
Président d’un bureau de vote au centre de Dianyabhè, Mamadou Tafsir Diallo a constaté lui aussi le faible engouement des électeurs : « Je suis arrivé sur place vers 6h10. Nous sommes restés toute la journée, mais l’affluence n’était pas comparable à celle observée lors des précédentes élections. » Il affirme avoir enregistré moins de la moitié des électeurs inscrits.
Silence, sanctions…
Jusqu’aux environs de 22h ce dimanche 31 mai, aucune communication officielle n’avait été faite par la Direction préfectorale des élections concernant le déroulement du scrutin à Labé ou les premières tendances relatives à la participation. Le même silence était observé du côté de l’Inspection régionale des élections.
Par ailleurs, cette journée électorale a également été marquée par une décision de la Haute Autorité de la Communication (HAC) qui a suspendu Mamadou Saifoulaye Diallo, journaliste et correspondant régional de l’Agence Guinéenne de Presse (AGP) à Labé.
Selon la HAC, le journaliste est accusé d’avoir utilisé frauduleusement son statut à des fins partisanes. Il lui est reproché d’avoir dissimulé l’accréditation délivrée par l’institution et d’avoir tenté d’influencer le vote en faveur d’une liste de candidats. Il aurait diffusé des consignes de vote explicites, en violation des principes de neutralité, d’indépendance et d’impartialité qui s’imposent aux professionnels des médias en période électorale.
Conséquence : l’organe de régulation des médias guinéens a décidé de suspendre Saifoulaye Diallo de l’exercice du métier de journaliste sur toute l’étendue du territoire national pour une durée de six mois. Son accréditation a été retirée avec effet immédiat.
Entre faible participation, dysfonctionnements organisationnels et controverses liées au respect des règles électorales, dans la ville de Karamoko Alpha mo Labé, ce double scrutin législatif et communal du 31 mai laisse derrière lui de nombreuses interrogations sur le déroulement du processus électoral dans la région.
Abdoulaye Pellel Bah

