Saisie par des citoyens de la commune urbaine de Kagbélen lundi 8 juin, au sujet du présumé enlèvement arbitraire d’Amadou Bella Diallo, porté disparu depuis plus de 7 mois à la Cimenterie, la Coordination nationale du mouvement Tournons La Page (TLP-Guinée) a, dans un communiqué, interpellé la Direction générale de la Police.
Dans sa note, l’ONG dénonce notamment : « Un enlèvement arbitraire suivi d’une détention extrajudiciaire, contraire à la Constitution et aux engagements internationaux de notre pays ; un jeu de ping-pong administratif entre la CMIS N°22 et la Direction de la Police judiciaire (DPJ), qui prive une famille de son droit fondamental de savoir où se trouve son fils ; ainsi que le silence de la Direction générale de la Police, qui a l’obligation de protéger les citoyens et de rendre compte. »
Selon le communiqué, le 4 novembre 2025, Amadou Bella Diallo, jeune commerçant de Kagbélen, a été interpellé à la Cimenterie par des éléments de la Compagnie mobile d’intervention et de sécurité (CMIS) N°22, entre 9h et 10h. Il aurait ensuite été embarqué dans un véhicule à destination inconnue. Quelques mois après les faits, déplore le mouvement, la famille et les citoyens de Kagbélen demeurent sans nouvelles de lui. Même que la CMIS affirme avoir transféré le jeune homme à la Direction de la police judiciaire (DPJ) dans la soirée de son interpellation. De son côté, la DPJ soutient qu’il ne s’y trouve pas.

Face à cette contradiction et à l’indignation grandissante de la famille, TLP-Guinée exige de la Direction générale de la Police qu’elle fournisse, dans les plus brefs délais, des informations fiables permettant à la famille de connaître le lieu où se trouve son proche. Le mouvement invite aussi les autorités compétentes à faire preuve de responsabilité, afin de faire toute la lumière sur cette affaire.
« Que le Procureur de la République ordonne une enquête rapide, indépendante et transparente pour situer toutes les responsabilités », exhorte -t-il, rappelant que tout acte d’interpellation dans un État de droit doit se faire dans le strict respect de la loi.
Mariama Dalanda Bah

