Le collectif des enseignants contractuels communaux recalés à la Fonction publique menace de boycotter les examens de fin d’année prévus le 18 juin, mais aussi de déclencher une grève et des manifestations contre « la mauvaise foi » du gouvernement à respecter ses engagements.

La mise en œuvre du protocole d’accord signé en janvier dernier entre le gouvernement et l’intersyndicale de l’éducation, sous la houlette du Conseil national du dialogue social, patine ; au grand dam des enseignants contractuels recalés.

Selon le protocole, les listes des contractuels ayant fait la biométrie et participé aux évaluations en pratique de classe devaient être examinées et remontées par les DPE/DCE pour leur traitement en deux mois, maximum. Même que le protocole prévoit la mise en place de trois commissions pour exécuter les engagements contenus dans le protocole. Après trois mois de retard, les autorités ont mis en place, le 17 avril dernier, les trois commissions : la commission chargée du dossier des enseignants contractuels, celle chargée du Statut particulier des enseignants et celle chargée du déblocage des arriérés de salaire. Mais jusqu’au 17 mai passé « rien n’avait été fait », déplore Diaka Sow, le porte-parole du collectif des enseignants contractuels non retenus de Guinée, joint au téléphone le 8 juin.

« Dans la commission chargée du dossier des contractuels, nous avions fait le couronnement des listes. Nous avons fait le gros du boulot technique, car on veut éviter une crise. Nous avions lancé une requête au gouvernement. Le 21 mai, le ministre Mory Condé nous a reçus et s’est engagé au nom du gouvernement à prendre toutes les dispositions nécessaires afin que les choses puissent avancer. Mais jusqu’à date (8 juin, Ndlr), aucune action concrète émanant du gouvernement n’a été notée dans l’élan de déployer les missions sur le terrain pour contrôler, produire un rapport et présenter une liste consensuelle des contractuels pour qu’il y ait l’arrêté de leur engagement à la Fonction publique », regrette le porte-parole du collectif. Et de prévenir que, si rien n’est fait de la part du gouvernement dans les prochains jours, les enseignants contractuels recalés de Guinée « seront contraints » de boycotter les examens nationaux de fin d’année qui commencent le 18 juin à travers la Guinée, mais aussi d’organiser une grève et tenir des manifestations de rue. Histoire de mettre pressions aux autorités pour qu’elles accèdent à leurs réclamations.

Revendications


Pour éviter tout mélimélo, le gouvernement doit prêter une oreille attentive, préconise Diaka Sow. Le collectif réclame des autorités la mise à disposition de tous les outils administratifs et financiers à la commission chargée du dossier des contractuels non retenus, afin que celle-là se déploie dans les jours à venir sur le terrain. Il réclame aussi la signature de l’arrêté d’engagement des 4049 enseignants contractuels à la Fonction publique avant l’ouverture des classes pour l’année scolaire 2026-2027. « Nous avons lancé l’alerte pour les examens qui commencent le 18 juin. Nous sommes en grande partie dans les salles d’examen, c’est nous qui surveillons les élèves (candidats aux examens). Si nous boycottons les examens, il n’y aura pas de surveillance, parce qu’on ne saura pas recruter des surveillants dans la rue pour combler les vides que nous laisserons lors de ces examens nationaux », croit Diaka Sow.

Toutefois, il estime que le gouvernement saura décrisper l’atmosphère « au lieu d’enfoncer le pays dans une nouvelle crise. » Fort du soutien du Mouvement syndical guinéen, le collectif exhorte le Président de la République, Mamadi Doumbouya, à s’impliquer pour régler définitivement le dossier qui n’a que trop duré.


Yaya Doumbouya