Toutes les chroniques sont unanimes à reconnaître les qualités exceptionnelles du fondateur de Labé et de sa mosquée, le Kaldouyanké Thierno Mamadou Cellou Diallo dit Karamoko Alfa mo Labé.
La bravoure, la ténacité, la générosité et la spiritualité se dégagent nettement.
Toutes choses qui ont marqué toute la vie de Kaou Souleymane Lynx dans une ressemblance jusqu’à la caricature.
Ce qui ne surprend guère quand on sait, que ce pionnier de la liberté de la Presse est du sang même de Karamoko Alpha mo Labé, Homme de sabre et de l’encrier à travers un de ses huit enfants, Thierno Madiou Hansaghéré.
Les sept autres étant, l’aînée et unique fille, Aissata Ngnirè, la mère des Séléyankès, Alpha Ibrahima dit Thierno mo Sigon, Thierno Mamadou Dian, Thierno Souleymane, Thierno Amadou,
Thierno Saidou Sérima et Thierno Baïlo Bagnan.
Justement, c’est au niveau de ce village qui marque la frontière entre le Labé et le Timbi, qu’on dévie à gauche pour se rendre, à Hansaghéré sur de petites hauteurs dans un décor paradisiaque.
C’est le village de Kaou Souleymane Lynx, à quelques encablures de celui de Moron où une de ses grandes sœurs, était mariée et qui est la mère de Nénan Halimatou, l’épouse de mon oncle El Hadj Amadou Thierno Bowel de Timbi-Madina situé à 20kms de là.
Réincarnation de son Ancêtre Karamoko Alpha mo Labé, oui. Ce dernier a mené le plus grand nombre des batailles pour l’islamisation du Fouta en commençant, par celle de Horé Bougou, Kaou Souleymane Lynx, a fait de sa plume en Guinée, en Côte d’Ivoire, en France et partout dans le monde, son arme contre l’injustice, l’exclusion et la discrimination pour le triomphe des nobles idéaux de justice, de liberté, de fraternité et de solidarité, tenace comme Karamoko Alpha mo Labé l’a été en portant son sabre, dans les entrailles des villages païens de Donghora, Yembéring, Wora, Singueti et Binani.
Kaou Souleymane a préféré les affres des arrestations et de la prison, de vivre à la sueur de son front que d’être du côté, de ceux qui mettent leurs plumes au service de l’arbitraire, de la dictature, et du renoncement à leur dignité pour voir s’offrir, des honneurs et des privilèges des décideurs.
On pensait jusque-là, que de la descendance de Karamoko Alpha mo Labé, le nom de Alpha Yaya Diallo était celui qui était le mieux inscrit au Panthéon de la générosité qui lui valut, l’air composé par Moussa Korofo Kouyaté, un griot des chefs Kouranko de Kissidougou « Alpha Yaya mansalou be mankan, tonole ka nyadjibo » qui est l’hymne National de la République de Guinée. Non Kaou Souleymane le rejoint en inscrivant son nom dans le marbre.
Karamoko Alpha mo Labé a poussé la générosité jusqu’à repartir même les portes d’entrée de sa Mosquée, entre les différentes familles du Labé, à laisser sur ses terres au détriment de ses propres enfants, des communautés qui s’y étaient installées. Elles étaient même non Peules et y vivaient depuis de longues années, et y vivent encore.
Kaou Souleymane a donné la possibilité à plusieurs générations de jeunes passionnés de journalisme et qui n’avaient pas où s’exprimer, de faire leurs débuts, au Lynx et à La Lance.
Mais pas que, car pour lui, il ne s’agissait pas de faire monter l’apprenant à bord de la pirogue avec une pagaie, seul face aux vagues ondulées et argentées de l’océan. Il servait en plus, de gouvernail et de boussole, afin que l’équipage arrive à bon port sur les rivages de l’Excellence.
Combien sont-ils aujourd’hui à être les maîtres de la plume de la Cité, grâce à la générosité de Kaou Souleymane ?
Karamoko Alpha mo Labé était d’une spiritualité qui fait encore école au Fouta. Bâtisseur d’écoles coraniques et de mosquées, le Saint Homme savait que l’Islam demeurait la seule et unique voie pour atteindre les hautes cimes du respect, de la considération, de la grandeur et de l’intemporalité.
Son savoir était si immense qu’aujourd’hui encore, ses arrières petits, petits (petits-fils de son aînée et unique fille Aissata Ngnirè), n’ont pas trouvé d’héritiers au Fouta. Ce sont les cousins Germains Séléyankes Thierno Mamadou Samba Mombéya, Thierno Sadou Mo Dalein et Thierno Boubacar Poti Louggoudhi mo Lélouma.
Kaou a maintenu et perpétue cette spiritualité au propre et au figuré, en l’adaptant au contexte de la modernité, des braises ardentes du dudhal aux salles de rédaction où tout s’exprime et s’écrit, dans la langue de Molière, de Shakespeare ou de Cervantes.
Kaou Souleymane, enfant de la proximité de ces belles plaines du Timbi qui sont de la kaléidoscopie des merveilles de notre chère Guinée, tu y as pris femme en la personne de Hadja Fatou Bah du village de Labha dans le Timbi-Madina.
Ce soir et pour magnifier cette prestigieuse et éminente famille Kaldouyanké régnante sur le vaste et puissant Diwal de Labé qui est la tienne, j’ai choisi certaines de ses princesses. Car, les Princes, illustres descendants de Karamoko Alpha mo Labé comme toi, sont si nombreux et majestueux, qu’il me faudra écrire, des pages et des pages comme le disait Victor Hugo.
Alors ces Princesses Kaldouyankés les voici exceptionnelles de beauté, d’élégance, de courage et d’humilité.
1-Nenan Raynatou mo Alpha Mamadou Cellou Wora. Elle fut mariée à Alpha Mamadou Cellou Dieng, le Chef de Canton de Mali. Une princesse aux deux toilettes. La première en eau naturelle et la seconde, en jus de « karoukarouden » dont les feuilles étaient parfumées.
Elle ne sortait que les jours de fête, la seule occasion que la population avait, pour contempler sa beauté.
2-Nenan Hawaou de Simili dans le Koubia, fidèle et dévouée compagne de celui qui proclama l’indépendance de la Guinée, le Nguérianké Saifoulaye Diallo.
3-Nenan Assy « fédéral » mo Landho Pellal de la case aux cent portes, Chef-lieu du Canton de Dougountouni.
4/ Nenan Aye Bobo Kaade mo Mody Sory Kaade mo Mody Aguibou mo Alpha Yaya. Épouse du Saint Homme le Ndouyedio Thierno Abdourahmane Bah mo Thierno Aliou Bhoubha Ndiyan.
Leur fils Thierno Lamine, est aujourd’hui le 2e Imam de la Grande Mosquée de Labe derrière son grand frère Thierno Muhammad Badrou Bah.
4-Nenan Kadiatou mo Thierno Chérif Yembering dont elle est la fille aînée.
Mariée au Timbonké Docteur Souleymane de Donghel Sigon, elle est la mère, entre autres, de Docteur Ibrahima Sory Diallo « Lieutenant », le Directeur du Centre de Nutrition de Donka qui vient de réaliser avec ses frères et sœurs, une grande école à Yembéring, 95 ans après celle construite sur place, par leur grand-père le visionnaire Chef de Canton Thierno Chérif Yembéring et qui en fait avec Porédaka, le quartier latin du Fouta.
5-Nenan Aissatou Wora mo El Hadj Tanou mo Alpha Mamadou Cellou Wora. Elle est l’épouse du Premier ministre Ivoirien, feu Amadou Gon Koulibaly.
Kaou Souleymane, tu étais présent à mes deux procès le 13 avril et le 19 mai 2021 au Tribunal de première instance de Dixinn, en guise de confraternité, mais beaucoup plus, pour cette géographie qui nous rapproche tant, qu’elle est bien pour nous, la première composante de notre histoire commune si riche en hauts faits de gloire qu’ils sont frappés, de l’estampille de l’éternité.
Repose en Paix Kaou Souleymane ! Amen !
Amadou Diouldé Diallo

