POLYCOPIÉ - Calvin Tiam a développé une solution qui transforme les déchets en tables-bancs, meubles et matériaux de construction. Photo: Calvin Tiam/photo privée autorisée/dpa

Une entreprise locale fabrique du mobilier scolaire à partir de déchets plastiques dans l’objectif de lutter contre la déforestation et la pollution environnementale.

Face à la prolifération des déchets plastiques et au déficit chronique de mobilier scolaire dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, l’entrepreneur burkinabè Calvin Tiam a développé une solution qui transforme les déchets en tables-bancs, meubles et matériaux de construction. Ingénieur en génie des procédés industriels et en énergies renouvelables, Calvin Tiam a fondé il y a quelques années l’entreprise TECO2 (Toiture écologique et économique), avec l’ambition de donner une seconde vie aux déchets plastiques tout en répondant à des besoins sociaux et environnementaux.

L’entreprise fabrique des tables-bancs scolaires, des meubles durables et des revêtements de toiture à partir de plastiques recyclés et d’autres ressources locales. « Nous voulons démontrer que les déchets plastiques ne sont pas un problème, mais une ressource capable de créer de la valeur économique, sociale et environnementale », explique Calvin Tiam dans un entretien accordé à la dpa.

Lutter contre la déforestation et la pollution plastique

L’initiative est née d’un double constat. D’un côté, l’avancée de la déforestation et de la sécheresse dans plusieurs pays africains. De l’autre, l’accumulation de déchets plastiques qui polluent les villes, les terres agricoles et les zones d’élevage. « Ces déchets, essentiellement des plastiques souples (sacs plastiques, sachets d’eau, flacons et bouteilles en plastique), sont une réelle source de pollution visuelle et de nuisance dans nos villes, mais également pour l’agriculture et l’élevage. On estime que l’ingestion de plastique est à l’origine de 30 % des cas de mortalité du bétail au Burkina Faso », indique le Burkinabè.

Selon Calvin Tiam, le déficit de tables-bancs demeure particulièrement préoccupant dans de nombreux pays de la région. « Au Burkina Faso, près de 56 % des établissements scolaires ne disposent pas de tables-bancs adéquates, avec un déficit estimé à plus de 900 000 unités par an. Des situations similaires sont observées en Côte d’Ivoire, au Bénin, au Niger et au Togo », précise-t-il.

Vers une industrialisation de la production

Depuis sa création, TECO2 affirme avoir recyclé près de 600 tonnes de déchets plastiques et fabriqué environ 7 000 tables-bancs écologiques, contribuant ainsi à préserver près de 2 300 arbres adultes et à éviter l’émission de quelque 218 tonnes de CO2. L’entreprise ambitionne désormais de passer à l’échelle industrielle. Son objectif est de se doter d’une ligne de production moderne capable de recycler jusqu’à 750 tonnes de déchets plastiques par an et de produire près de 10 000 pièces de mobilier scolaire par an.

Cette montée en capacité devrait également permettre le développement de nouveaux produits, notamment des panneaux destinés à la construction de salles de classe préfabriquées et des revêtements de toiture fabriqués à partir de plastiques recyclés renforcés par des fibres végétales. « À l’horizon 2030, nous visons la production de près de 50 000 tables-bancs écologiques et la préservation de 10 000 arbres, avec l’ambition de contribuer à l’amélioration des conditions d’apprentissage tout en renforçant l’économie circulaire en Afrique de l’Ouest », souligne Calvin Tiam.

Par Marwa Dellagi, in Dpa (Agence de presse allemande)