Le Premier ministre Amadeus Oury Bah a incontestablement moussé le trip des jeunes guinéens en confirmant lui-même la décision du gouvernement, dont il est le chef, d’organiser en Guinée la Coupe Africaine des Nations (CAN), édition 2032 ou 2036. Châtelains et hères dans un commun élan délirant, on applaudit à tout rompre. Tout le monde a à cœur de relever le défi manqué qui a clôs l’ère du professeur Alpha Grimpeur.

En effet, depuis 2014, l’organisation de l’édition 2021 de la CAN avait été attribuée à la Guinée. Cette échéance avait été reportée à 2023, l’impétrant ne parvenant pas à dissiper les obstacles qui émaillent ce parcours du combattant qu’est l’organisation de la compétition sportive africaine. In fine, la Confédération Africaine de football a privé la Guinée de la joie et de l’honneur d’accueillir cette mèche continentale dans l’immédiat et l’a renvoyée aux calendes grecques.

Hola ! la ! Ce rebondissement inattendu et inespéré ne peut qu’émoustiller l’orgueil national et l’enthousiasme des fans du ballon rond, nombreux dans le pays. En même temps, il emporte le douloureux souvenir de l’échec de la première tentative et en efface les stigmates.

Pour rappel, peu de choses ont été faites durant les huit années qui ont été assignées à la Guinée pour préparer l’événement. La seule activité notoire réalisée à été la mise en place du Comité d’Organisation de la CAN (COCAN), doté de ressources humaines, financière et matérielles adéquates.

On a recruté du personnel, loué et meublé des bureaux, acquis de l’équipement logistique et organiser des missions préparatoires. On a pu ainsi identifier, conformément au cahier des charges, les sites aménageables en complexes sportifs (stades, hôtels, centres de loisirs, etc), d’accès aisés (aéroports de standard international, routes où autoroutes de dimensions internationales).

Outre ces missions exploratoires de terrain, aucun coup de pioche n’avait creusé le moindre trou, aucune cérémonie de pause de première pierre n’a été célébrée. Résultats ? Aucune œuvre n’a été inaugurée et de CAN il n’y en a eu point. C’est la montagne qui accouche d’une souris. Cette rebelote a tout l’ère d’une revanche sur l’histoire. Certaines personnes au caractère peu trempé vont, dans leur coin, maugréer : « Chat échaudé a peur de l’eau froide ». Il est temps de sortir le pays de l’ornière des paradoxes. Grande Nation de football, il n’a jamais accueilli la CAN ni remporté cette prestigieuse compétition. Grand peuple politique, il n’a jamais organisé un sommet de l’ OUA ou de l’ UA. Mais l’essentiel n’est-il pas de vaincre ?

Abraham Kayoko Doré