La mort de Mamadou Djouma Bah, candidat poursuivi pour fraude au baccalauréat unique, session 2026, continue de susciter une vive émotion en Guinée.
Des élèves ont organisé, mercredi 22 juillet, une marche pacifique à Kindia pour demander la révision de la loi réprimant la fraude aux examens nationaux et la libération de leurs camarades encore détenus dans cette affaire. Le Syndicat national de l’éducation (SNE), lui, par la voix de son secrétaire général, Michel Pépé le Bala-dur du SNE, a dénoncé un drame qui interpelle l’ensemble des acteurs de l’éducation. Il réclame que lumière soit faite sur les circonstances du décès de Mamdou Djouma Bah et appelle à éviter qu’un tel drame ne se reproduise.
Au cours de la mobilisation, rapporte Le Renifleur, les manifestants ont appelé le président de la République, Mamadi Doumbouya, et le ministre de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation, Alpha Bacar Barry, à faire preuve de clémence envers les personnes encore détenues dans cette affaire. S’exprimant au nom des manifestants, Kadiatou Diallo a réitéré leur demande de libération des détenus et de révision de la loi sur la fraude aux examens nationaux. « Je ne suis pas ici pour m’opposer à qui que ce soit, mais pour dire la vérité. Les parents de Mamadou Djouma Bah avaient demandé d’attendre 48 heures avant toute manifestation, mais pour nous, c’était déjà beaucoup trop. Il y a une mère en prison avec son bébé. En tant que femme et mère, je sais ce que représente le lien entre une maman et son enfant », a-t-elle déclaré. Selon elle, la mort de Mamadou Djouma Bah doit conduire les autorités à revoir les textes en vigueur. « Nous demandons simplement la libération des autres détenus. Mamadou Djouma Bah ne reviendra plus. Tout ce que nous pouvons faire aujourd’hui, c’est de prier pour lui. Mais sa mort doit permettre de changer beaucoup de choses. Lorsqu’un élève triche au baccalauréat, l’annulation de son examen pour cette année est, selon nous, une sanction suffisante. Nous demandons au ministre de mettre fin à cette loi. Elle nous blesse et nous décourage dans nos études », a-t-elle insisté.
Invitant également les autorités à faire preuve de clémence envers les élèves et les enseignants incriminés, afin de permettre notamment aux enseignants de reprendre les cours de vacances pour accompagner les futurs candidats aux examens. « Nous sommes les futurs cadres de ce pays. Si l’on emprisonne les élèves, quel avenir pour la Guinée ? », s’est-elle interrogée.
« Un drame pour l’école »
Réagissant à ce décès, le secrétaire général du SNE, Michel Pépé Bala-dur, a exprimé son indignation et sa compassion envers la famille du jeune disparu. « Perdre un enfant est une perte immense que rien ne pourra jamais compenser. C’est un jeune plein de rêves pour son pays, sa famille et sa communauté qui a été arraché à la fleur de l’âge », fustige le syndicaliste. En tant que pédagogue et syndicaliste, renchérit-il, nous sommes véritablement indignés par cette mort tragique et nous demandons que « justice soit rendue. »
Pépé Bala-dur estime également que les circonstances du décès doivent faire l’objet d’investigations approfondies avant toute conclusion. « Il ne s’agit pas simplement d’aller à l’enterrement ou de procéder à une inhumation à la va-vite. Il fallait d’abord pratiquer une autopsie sur le corps et chercher à connaître les conditions de son incarcération. La question est de savoir si un délit lié à la fraude à un examen méritait l’emprisonnement de cet enfant. Il est passé de la salle d’examen à la prison, puis de la prison directement au cimetière. C’est une honte pour l’école de la République », a-t-il regretté.
Rappelant que le jeune candidat demeurait sous la responsabilité de l’administration pénitentiaire au moment de son décès. « Il avait un statut pénal bien précis : qu’il soit décédé en prison ou à l’hôpital. Le ministre aurait dû présenter les condoléances à la famille endeuillée et garantir que toute la lumière serait faite afin d’établir les responsabilités », a-t-il martelé, au micro de Ledjely.com.
Selon Michel Pépé Balamou, les six autres candidats condamnés pour tentative de fraude à Kindia avec Mamadou Djouma Bah ont été libérés.
Mariama Dalanda Bah

