À l’occasion de la fête nationale française, célébrée chaque 14 juillet, l’ambassade de France en Guinée a organisé la veille une réception à sa résidence, à la Minière (commune de Dixinn). L’occasion de passer en revue les axes de coopération entre Conakry et Paris.
La célébration commémore la prise de la Bastille en 1789 et la Fête de la Fédération de 1790. Elle met à l’honneur les valeurs fondatrices de la République française et rassemble chaque année autorités, diplomates et partenaires de l’Hexagone à travers le monde.
À Conakry, la réception a réuni de nombreuses personnalités guinéennes et étrangères : ministres, anciens Premiers ministres, directeurs généraux, état-major général des armées ainsi que des membres du corps diplomatique et consulaire accrédité en Guinée. Initialement prévue à 18h 30, la cérémonie a finalement débuté aux alentours de 20h 30 par l’exécution des hymnes nationaux de la Guinée et de la France.

L’ambassadeur de France en Guinée et en Sierra Leone, Luc Briard, est revenu sur la portée historique du 14-Juillet avant de dresser un état des lieux de la coopération entre Paris et Conakry. La France demeure « un partenaire solide et prévisible », attaché au multilatéralisme, à la paix et au respect du droit international, a assuré le diplomate. Il a rappelé que son pays poursuivra son accompagnement de la Guinée dans les domaines de la sécurité, la formation militaire et les échanges d’expertise, pour renforcer les capacités guinéennes dans les opérations de maintien de la paix.
Il a insisté sur l’importance du respect des engagements internationaux souscrits par la Guinée, estimant que ceux-ci participent au renforcement des institutions et au processus de réconciliation nationale.
Abordant les enjeux géopolitiques, Luc Briard a réaffirmé le soutien de la France à une meilleure représentation des États africains au sein des grandes instances multilatérales, notamment au Conseil de sécurité des Nations unies. Il a aussi défendu le rôle politique de l’Union européenne, qu’il a présentée comme une puissance d’équilibre fondée sur des principes de coopération plutôt que sur une logique d’assistance.
« Partenariat d’égal à égal »
Luc Briard a souligné la profondeur des liens humains entre la France et l’Afrique, mettant en avant les diasporas, les anciens étudiants, les entrepreneurs et la jeunesse comme des leviers essentiels pour bâtir un partenariat tourné vers l’avenir. Il assure que la France entend accompagner l’innovation, l’investissement et le développement des échanges économiques sur le continent.
Parlant des droits humains, Luc Briard a réaffirmé l’attachement de son pays aux libertés fondamentales, notamment les libertés d’expression, de réunion et de manifestation, ainsi qu’aux droits économiques, sociaux et culturels. Il est toutefois passé sous silence les cas des disparus en Guinée, même s’il a rappelé que « la Guinée est comptable de sa signature de tous les traités auxquels elle est partie, de la CPI aux disparitions forcées. »

Le diplomate français a salué l’engagement récent des communes de Conakry en faveur de l’abandon des mutilations génitales féminines, rappelant que la pratique demeure l’une des principales causes de demandes d’asile de ressortissantes guinéennes en France.
Sur la question migratoire, le diplomate a indiqué que la France a délivré 12 500 visas en 2025. Une hausse de 43% en deux ans et un taux de refus de 50%. Il a qualifié la politique française des visas de « pacte de confiance », tout en appelant à une meilleure coopération en matière de retour des personnes en situation irrégulière, dans le respect de leur dignité. Une déclaration faite alors que l’UE a restreint ses règles migratoires envers Conakry.
Bâtir un partenariat équilibré
Luc Briard a plaidé pour une relation fondée sur le respect mutuel et la réciprocité. « Nos souverainetés ne s’opposent pas, elles s’additionnent. La France construit avec la Guinée un partenariat d’égal à égal, mutuellement bénéfique, symétrique et réciproque, avec les autorités, l’opposition, la société civile, les artistes, les entrepreneurs, les jeunes et les femmes ».
Représentant du ministre Morisanda Kouyaté, le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, de l’intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger, Abdoulaye Youla, a salué la portée historique du 14-Juillet, qu’il considère comme un symbole universel de liberté et de courage. « Célébrer cette date mémorable est une occasion de reconnaître le courage et la bravoure des hommes et des femmes qui ont porté la Révolution française, laquelle continue d’inspirer de nombreux peuples à travers le monde ».

Le représentant du gouvernement guinéen a ensuite insisté sur la qualité des relations entre les deux pays, affirmant que Conakry souhaite bâtir un partenariat « renouvelé, équilibré et résolument tourné vers l’avenir », fondé sur le respect mutuel, la souveraineté des États, la responsabilité partagée et le principe du gagnant-gagnant. Il s’est réjoui de la dynamique actuelle de la coopération bilatérale dans les secteurs de l’éducation, la santé, les infrastructures, l’agriculture, les mines, la formation professionnelle, la culture, la sécurité, la transition énergétique, la protection de l’environnement.
« Passerelles humaines essentielles »
Abdoulaye Youla a rendu hommage aux communautés guinéenne de France et française de Guinée, qu’il a qualifiées de « passerelles humaines essentielles » au renforcement des liens entre les deux nations. « Soyez assurés de la disponibilité du gouvernement guinéen à poursuivre avec la France un dialogue franc, constructif, dans l’intérêt de nos deux peuples. Je formule le vœu que l’amitié entre la République de Guinée et la République française continue de se consolider au bénéfice des générations présentes et futures ».
La cérémonie s’est achevée par la remise de distinctions honorifiques à Marc Fonbaustier, prédécesseur de Luc Briard, et à Henri Frédéric Sobac, ancien premier conseiller de l’ambassade de France, élevés en 2025 au rang de l’Ordre national du Mérite et la traditionnelle photo de famille. Le tout dans une ambiance bon enfant.
Abdoulaye Bah

