Reporter et correspondant de l’Agence guinéenne de presse (AGP) et de la Radiodiffusion télévision guinéenne (RTG) à Coyah, Mangué N’Dantouma Soumah, est décédé dans la matinée du dimanche 5 juillet, vers 5 heures, de suite de la maladie.
La mort de Mangué N’Dantouma suscite une vive émotion au sein de la presse guinéenne et dans la préfecture de Coyah, où il était unanimement reconnu pour son professionnalisme, sa discrétion et son engagement au service de l’information.
Inhumé le même jour après la prière de 14h au quartier Somayah, dans la préfecture de Coyah, le défunt a reçu un vibrant hommage de ses parents, amis, collaborateurs venus saluer la mémoire d’un homme qui a consacré plusieurs décennies à la RTG. Joint au téléphone par La Lance, lundi 6 juillet, le directeur général de l’Agence guinéenne de presse (AGP), François Mara, a salué la mémoire d’un journaliste exemplaire. « Je n’ai pas eu d’affrontement direct avec lui. Ce que je retiens de N’Dantouma Soumah, c’est qu’il était très humble et toujours disponible, aussi bien pour son travail que pour les autres. Aujourd’hui, sa disparition constitue une perte immense pour la presse guinéenne, particulièrement pour la RTG », a-t-il regretté, soulignant que le confrère était aussi très disponible pour la nouvelle génération de journalistes. « Il accompagnait les jeunes journalistes, les orientait dans la rédaction de leurs papiers et leur transmettait volontiers son expérience. Il était également très attaché à la couverture de toutes les activités d’intérêt public. C’est lui qui couvrait notamment les activités à Coyah. Bref, c’est ce que je retiens de ce grand monsieur. »
Témoignage de sa nièce et députée Ngady Keita
Parmi les témoignages les plus émouvants figure celui de la journaliste et désormais députée uninominale de Manéah, Ngady Keïta, qui était la nièce du défunt. Elle a retracé, émue, le lien familial et professionnel qui les unissait. « N’Dantouma Soumah était avant tout mon oncle, le petit frère de mon père. Lorsque je suis arrivée à la RTG en 2010, il m’a accueillie à bras ouverts. Nous travaillions souvent ensemble et, même lorsque je suis partie étudier en France, pendant douze ans, nous sommes restés en contact. À mon retour, il m’a accompagnée dans tous mes projets, notamment la création de mon entreprise, avec la même bienveillance qu’il a toujours eue envers moi. »
Évoquant son engagement politique, Ngady Keïta explique que son oncle a été l’un de ses premiers soutiens lorsqu’elle a décidé de se porter candidate à la députation de Manéah. Il l’a encouragée à poursuivre cette ambition, estimant qu’elle devait assurer la relève de son père, Bernard Keïta. Tous deux ont participé à plusieurs activités citoyennes, notamment les Marches de la paix à Boké, Kindia et Mamou, avant de collaborer au sein du mouvement Moudouf durant la campagne qui l’a conduite à son élection. « Il me disait que mon père, l’honorable Bernard, avait été député et qu’il fallait assurer la relève à Manéah. Nous avons également travaillé au sein du mouvement Moudouf et mené ensemble la campagne qui m’a conduite à être élue députée de Manéah. »
Son dernier échange avec son oncle reste gravé dans sa mémoire. En larmes, la nouvelle députée raconte : « Une semaine avant son décès, je suis allée lui rendre visite. Il était très affaibli, mais il s’est levé pour me prendre dans ses bras. Il m’a dit : ‘’Je suis fier que tu aies été élue. Je vais mourir fier, parce que l’objectif est atteint’’, dit-elle très émue. Et de poursuivre : « Nous avons pleuré ensemble. Il m’a ensuite confié qu’il sentait que le moment de son départ était proche. Informée par son cadreur, la triste nouvelle le jour de son décès, j’ai rejoint la famille pour ses obsèques. Je retiens de lui un homme sage, sincère, digne et profondément réfléchi. Je prie le Bon Dieu de l’accueillir dans Son paradis ! »
Mangué N’Dantouma Soumah s’en est allé en laissant derrière lui une veuve, un enfant ainsi que plusieurs enfants adoptifs et toute une génération de journalistes qu’il a contribué à former. Son souvenir restera gravé dans la mémoire de ceux qui l’ont connu et côtoyé.
Mariama Dalanda Bah

