Balladou est un district récemment rattaché à la commune urbaine de Beyla. Il se situe au pied du Pic de Fon, le point culminant du mont Simandou. Comme tel, il appartient à cette guirlande de villages enserrant la concession minière de Rio Tinto.  Villages répartis entre les préfectures de Beyla et de Macenta.

 Il y a deux décennies que la société Rio Tinto signait sa première convention avec le gouvernement guinéen, sous le régime du président Général Lansana Conté, en vue d’exploiter le riche gisement de fer du Simandou. C’est alors que les communautés riveraines de la concession minière se sont mises à rêver d’une prospérité imminente, devant résulter des retombées de l’exploitation projetée. « C’est maintenant que, se disaient-elles, le bonheur tant espéré par nos devanciers va se réaliser. Nous allons pouvoir mener une vie décente et préparer avec plus d’assurance l’avenir de nos enfants ».

Dans un premier temps, la multinationale en avait fait sa chasse gardée. Le gouvernement guinéen entreprendra des démarches pour reprendre la main sur Simandou. Ce dernier est désormais reparti en quatre blocs dont deux concédés à Winning consortium Simandou, à Kérouané. Le bonheur tant souhaité par la Guinée et les communautés riveraines est maintenant à portée de main, à travers le Programme phare Simandou 2040.

SOS pour Balladou et Lamadou

Venons-en aux premières retombées de Rio Tinto. Des centaines de jeunes ruraux travaillent sur les chantiers de la mine dans le cadre de la main d’œuvre locale. Des villages bénéficient de pistes rurales, d’écoles, de postes de santé ou de forages. Il y a même un district, Foma en l’occurrence, qui a obtenu des compensations financières en rapport avec les déguerpissements des paysans de leurs plantations ou terrains de culture. Certains montants de ces compensations varient entre 50 et 200 millions de francs guinéens, ce qui a permis aux bénéficiaires de se bâtir des logements en dur, d’acheter des véhicules de transport en commun ou de payer des bourses d’études à l’étranger pour leurs enfants.

Le Centre de formation professionnelle de Beyla

La taxe superficielle payée annuellement par Rio Tinto pour le développement des villages riverains tarde à produire des résultats tangibles sur le terrain. Les villageois mettent en cause sa gestion par les élus locaux des Communes et les administrateurs territoriaux.

Dans ce contexte de boom économique naissant, deux villages font grise mine. Ce sont Balladou (qui relève de la Commune urbaine) et Lamadou (Commune rurale de Nionsomoridou) qui ne bénéficient d’aucune retombée hormis l’emploi de la main-d’œuvre locale.

Aucune information officielle n’explique cet état de chose mais la rumeur court que ces villages étant situés dans la concession minière, ils doivent s’attendre à être déguerpis. Est-ce la raison pour qu’ils soient laissés pour compte ? Comme c’est frustrant pour Balladou et Lamadou de voir leurs voisins commencer à prospérer pendant qu’eux continuent de végéter dans la misère.

SOS donc pour ces oubliés de Rio Tinto !

Walaoulou Bilivogui