Lors d’une conférence de presse animée le lundi 27 juillet au siège du Porte-parolat du gouvernement (commune de Kaloum), le ministre des Transports et porte-parole du gouvernement est longuement revenu sur l’actualité nationale. Pendant près d’une heure et demie, il a abordé les questions liées à l’acquisition de nouveaux taxis, à la participation du chef de l’État au sommet de la CEDEAO, au retour des exilés politiques ainsi qu’à la recrudescence des accidents de la circulation.

Dans son intervention, Ousmane Gaoual Diallo a annoncé le lancement d’une vaste opération de renouvellement du parc automobile, avec l’achat de nouveaux taxis, en partenariat avec un opérateur privé, pour le transport urbain. « On importe les véhicules, l’État accompagne l’importateur en lui permettant de rentrer avec des coûts raisonnables. Ces véhicules sont vendus à moins de 150 millions de francs guinéens. (…) Pour une personne physique, nous avons fixé le montant de base autour de 15 à 16 millions de francs guinéens, quasiment le prix d’une moto, avec des exigences administratives réduites au minimum afin que les jeunes puissent acquérir ces véhicules. Le remboursement peut s’étendre de 24 à 36 mois. »

Selon Ousmane Gaoual Diallo, le mécanisme permettra aussi bien aux entreprises qu’aux particuliers d’acquérir des véhicules en fonction de leurs capacités de remboursement. Les mensualités seront reversées au partenaire financier selon un calendrier convenu. Il a également annoncé l’arrivée prochaine de 200 bus destinés au transport public. Leur gestion sera confiée à une ou plusieurs sociétés sélectionnées à travers un appel d’offres. Il a précisé que l’État entend accompagner financièrement les exploitants afin de compenser les éventuels déficits d’exploitation. « Les 200 bus ne seront peut-être pas confiés à une seule entité (…). L’État s’engage à couvrir le manque à gagner pour que le budget des sociétés gestionnaires soit équilibré. »

Sommet de la CEDEAO

Revenant sur la première participation du président de la Républiques au sommet de la CEDEAO, après la transition, le porte-parole du gouvernement estime que son intervention a rappelé la vocation première de l’organisation sous-régionale. « C’était une première pour lui, mais quelle première participation cela a été ! (…) Le chef de l’État a rappelé que cette communauté a été faite par des acteurs politiques qui étaient soucieux du renforcement et du développement du tissu économique. Malgré les frontières héritées de la colonisation, les communautés existent au-delà de ces limites. Les chefs d’État ont l’obligation de consolider cette réalité et non de créer davantage de distance. C’est un appel à revenir au cœur et à l’âme de la CEDEAO », a-t-il martelé. Même que l’intervention de Mamadi Doumbouya s’inscrit dans une vision privilégiant l’intégration économique et le rapprochement des peuples plutôt que les divisions politiques.

« Rien n’interdit à qui que ce soit de rentrer »

Interpellé sur le sort des exilés politiques après la transition, Ousmane Gaoual Diallo a affirmé que rien n’empêche un citoyen guinéen de revenir dans son pays. « Est-ce qu’il y a une disposition dans notre pays qui empêche un individu de rentrer ? Non. Personne n’a été interdit de rentrer en Guinée. Si quelqu’un estime qu’en rentrant la justice peut le questionner, cela relève du fonctionnement normal de la justice. Ce n’est pas un exil, puisqu’il n’est pas interdit de séjour. Aujourd’hui, il n’existe aucune disposition qui interdit à telle ou telle personne de revenir dans le pays », a-t-il insisté.

Recrudescences des accidents de la route

Face à la multiplication des accidents de la circulation, notamment celui survenu récemment à Labé, causant la mort de deux personnes sur place, le ministre a estimé que la sécurité routière demeure un défi collectif impliquant l’ensemble des acteurs. « Les routes tuent, déplore-t-il. Tous les jours, nous enregistrons des drames.   (…) Le Code de la route existe, le Code pénal prévoit des sanctions. Il n’y a pas de vide juridique. Mais chacun doit assumer sa responsabilité : les conducteurs, les passagers, les responsables des gares routières, la police, la gendarmerie et même la presse qui doit contribuer à sensibiliser les citoyens. »

Face à cette situation qui continue d’endeuiller des familles, Ousmane Gaoul Diallo s’est interrogé sur l’efficacité des mécanismes actuels de répression et a dénoncé certaines pratiques, notamment les surcharges des véhicules, le manque de contrôle technique et la tendance à privilégier les arrangements sociaux au détriment des poursuites judiciaires après les accidents. Il a enfin insisté sur le fait que la lutte contre l’insécurité routière ne dépend pas uniquement du ministère des Transports, mais de l’application rigoureuse des textes existants par l’ensemble des acteurs concernés.

Mariama Dalanda Bah